Quand Vald s’invite au Rocher

Après avoir vu son album Agartha comptabiliser 50.000 ventes et devenir disque d’or, Vald alias Valentin s’impose de plus en plus dans l’univers plutôt fermé du rap français. Il a régalé, ce dimanche 2 Avril, le public bordelais au Rocher de Palmer. Portrait d’un outsider du rap français.

DJ Weedim l’assassin, V A L D Valentin

C’est sans conteste le plus étrange et le plus curieux des rappeurs, du genre que l’on aime ne pas comprendre. Plongé dans son univers ce soir-là, on a envie de devenir son pote (aux cheveux colorés comme ses acolytes du groupe Biffty). Il est arrogant, vulgaire mais terriblement drôle. Lors de sa transition sur le titre qui l’a révélé au grand public Bonjour, il dit : « Un jour, j’ai décidé de dire « nique ta mère » quarante fois dans une musique, et c’est comme ça que les portes du rap français se sont ouvertes à moi. » Vald c’est un phénomène. On le ressent dans ses musiques, dans ses paroles et aussi dans son attitude de mec qui n’en n’a rien à faire de rien.

« 5-4-3-2-1 SUCE MA BITE » ; voilà ce que criait celui qui l’accompagne sur scène, d’un ton mélodieux, et en guise de transition. Vulgaire certes, mais le public bordelais ne s’est pas arrêté à ça. En fait, il était même venu pour ça.

Mais en dehors d’une musicalité crue, Vald c’est aussi une réelle identité visuelle. Le Rocher s’était équipé d’une mosaïque d’écrans géants qui diffusait des visuels aussi splendides qu’étonnants en rapport avec le son interprété. Pour Lezarman, c’est la scène tout entière qui s’est empreinte d’un vert tapant diffusé par les écrans disposés derrière Vald. Et pour Eurotrap, la simplicité des lettres « turn up dans le club » a suffi à illustrer le son. C’est d’ailleurs cette dernière qui a clôturé le show, réussissant à ambiancer les plus timides de la foule pour un dernier pogo, tradition éternelle des concerts de rap. Ce public, il était éclectique à l’image du rappeur qui n’est régi par aucun code si ce n’est celui de ne jamais obéir à ce que la société peut attendre de nous. Ces titres tels que Selfie (dans laquelle il raconte ses exploits sexuels violents avec une demoiselle qui en redemande) en témoignent. Il n’a peur d’aucun vice et le fait partager à tous ceux qui veulent bien l’entendre.

Le décalé comme normalité

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Crédit photo: libre

Si vous êtes tombés sur l’une de ses interviews, vous avez pu découvrir la personnalité tranchante et assez déstabilisante de Vald. On ne sait pas vraiment s’il est sincère ou toujours dans  son extrême second degré. Pourtant, il ne ment pas sur ses objectifs, parle même de son salaire et répond à toute question sans gêne.

Il mélange les styles autant dans ses réponses que dans ses sons. Entre trap, rap et eurodance, difficile de définir son nouvel album studio Agartha. Et c’est ce qui fait sa singularité. On se demande si ses morceaux sont une violence déguisée en douceur ou bien le contraire. Car derrière ses paroles trash et parfois vulgaires, il y a des textes profonds et plein de sens, parfois même engagés tels que les paroles de Shoote un ministre.

Il reste naturel autant sur scène entouré de ses potes qu’il remercie à chaque occasion, qu’en interview où il parle sans filtre et sans complexe.

Comme il le dit lui-même, l’image «[il] en a rien à foutre ». On le savait décalé et perché dans un univers trash et personnel, pourtant Vald a su partager son extravagance et retourner le Rocher pour une heure trente de concert déchaîné.

Amélia Vigouroux, Liz Gorsen

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