Black Mirror : le siècle des technologies

Black Mirror a su, en seulement douze épisodes, dresser le portrait de notre société, impitoyable, naïve, maîtresse de nos comportements. Sa principale arme : les nouvelles technologies.

Charlie Brooker, maître du sarcasme

Le créateur de la série, journaliste et membre des directeurs de la production Zeppotron, a su capter le devenir de notre société si nous nous laissons diriger par ce qui prend de plus en plus de place dans notre génération : les nouvelles technologies. Zeppotron est une filiale d’Endemol, société de production à l’origine de télés-réalités telles que Loft Story. Cela place Charlie Brooker en acteur et critique des dangers de ces nouvelles manières de regarder, consommer et participer.
Il explique, à propos du titre « Black Mirror » : « Si c’est une drogue, alors quels en sont les effets secondaires ? C’est dans cette zone entre joie et embarras que Black Mirror se situe. Le “miroir noir” du titre est celui que vous voyez sur chaque mur, sur chaque bureau et dans chaque main, un écran froid et brillant d’une télévision ou d’un smartphone. »
Il cherche à analyser nos comportements dégénérescents, glissant vers le contrôle de ces derniers par les réseaux sociaux et les différents écrans qui nous entourent et nous accompagnent. En imaginant une réalité fictive, il met en scène des personnages à la fois victimes, sauveur et persécuteur, ce qui peut rappeler le triangle de Karpman

Une fiction prémonitoire

Chaque épisode bouleverse et interroge. Le futur ressemblera-t-il à ça ? Est-ce exagéré ? Quelle utilisation ai-je de mon téléphone ? Est-il un accessoire ou un besoin vital ? Nous revenons sur notre manière d’utiliser nos miroirs noirs. Pourtant, les épisodes (indépendants les uns des autres) font preuve de scénarios délirants, totalement fous : un président forcé à avoir une relation sexuelle avec un cochon, un système de notes fictives établissant une hiérarchie entre les individus, des meurtres en pleine ville, filmés et relayés par les habitants, ou encore des homicides dont les cibles sont exposés sur Twitter. Notre nature humaine nous fait dire que jamais nous n’accepterions de telles situations. De la même manière, nous nous demandons si demain, de tels évènements étaient susceptibles d’arriver, ou si ce n’est pas déjà le cas. Dans le premier épisode de la saison 3, Lacie vit dans une société régit par la côte personnelle des populations. L’épicier du coin, son patron, son amie voir même son frère, à la possibilité de lui attribuer une note allant 0 à 5. Lacie veut acheter une maison mais sa côte n’est pas assez forte pour se l’offrir. Elle perd petit à petit le contrôle de cette même côte, primordiale pour elle au début de l’épisode. Ce dernier marque les esprits car il met en évidence notre obsession pour le nombre de j’aime que notre dernière photo de vacance à récolter ou pour notre nombre d’abonnés sur Instagram. Nous sommes esclaves de notre propre popularité.

Des destins tragiques

La série traite également de la perception de la réalité chez les différents protagonistes de la série. On retrouve Cooper, jeune américain qui se prête à une expérience dans la dernière destination de son tour du monde : Londres. Il est soumis à un test destiné à la création d’un nouveau jeu vidéo d’horreur. Un système technologique révolutionnaire le plonge dans une réalité virtuelle qui le confronte à ses plus grandes peurs. Petit à petit, les superviseurs de l’expérience perdent le contrôle de Cooper qui se perd dans un monde parallèle, peuplé d’angoisse de l’enfance. Pour ne pas spoiler, je ne m’attarderai pas mais l’épisode révèle le pouvoirs des nouvelles technologies sur notre réalité.
Aussi, prenons l’exemple de l’épisode 3 de la première saison. La fiction nous emmène dans un futur proche dans lequel l’Homme est équipé d’une puce lui permettant de revoir les passages de sa vie, de son enfance au dernier entretien d’embauche passé. Liam a des soupçons sur la fidélité de sa femme avec un de ses amis. Il repasse en boucle des ébauches de moments entre sa femme et son potentiel amant auxquels il a assisté. Ces retours en arrière incessants finissent par le rendre fou, jusqu’à ce qu’il découvre une terrible vérité pour l’avenir de sa famille. Liam est dirigé par ce système de mémoire intégré, qui le plonge dans une obsession dévastatrice et sans retour.

Mais ce qu’il reste de mieux à faire, c’est de dévorer la série qui ne vous laissera pas innocent quant au devenir de notre société.

Liz GORSEN

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