Le N’info a vu: Mal de pierres

Au cinéma depuis le 19 octobre, le dernier film de Nicole Garcia, Mal de Pierres, raconte une histoire d’amour tragique et subtile à la fois… dans laquelle Marion Cotillard confirme son statut de grande actrice. Le N’info l’a vu, le N’info vous en dit plus. 

Un cœur de pierre

Fille de la petite bourgeoisie agricole, Gabrielle rêve d’un amour passionnel, d’un amour éclatant qui l’envahirait pour lui faire découvrir ce qu’elle appelle la « chose principale ». Loin d’être très catholique, ce désir ardent amène ses proches à penser qu’une maladie mentale la ronge. Inquiète et soucieuse de protéger la bonne réputation familiale, sa mère lui laisse deux options : se faire interner ou se marier à José, un ouvrier espagnol. Gabrielle fait le choix de la raison et épouse José. Elle le suit jusqu’au port de Marseille où il lui fait construire une grande maison. Mais Gabrielle le sait et le répète haut et fort : elle n’aime pas José et ne l’aimera jamais. Atteinte de la maladie de la pierre, Gabrielle est envoyée en cure thermale dans les hauteurs des montagnes suisses. Sa chambre est confortable mais les malades sont ennuyants et les couleurs sont tristes.

Une passion déchirante

C’est pourtant là qu’elle fait la rencontre d’André Sauvage, un lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine qui lui fait goûter à l’amour avec un grand A. Une fois guérie, Gabrielle doit quitter la cure et les amants s’abandonnent sur des promesses de retrouvailles. Des lettres, des vingtaines de lettres… sans réponse. Gabrielle perd pied et est prise dans une tourmente désillusoire. Pourquoi ne lui fait-il pas signe ? Qu’a-t-elle à se reprocher ? Serait-il en train de l’abandonner ? L’héroïne tente de reprendre sa vie en mains épaulée par José qui, depuis leur rencontre, l’aime d’un amour froid mais inconditionnel. C’est plus tard qu’elle comprendra qu’en cherchant l’amour là où il n’existait pas, elle n’a pas réalisé qu’un homme la désirait réellement.

Un futur classique ?

Cette adaptation du roman éponyme de Milena Agus (2006) est un classique en devenir. Il faut dire que la réalisatrice, Nicole Garcia, et son acolyte, le scénariste Jacques Fieschi, racontent à merveille ce drame romantique. Les couleurs choisies sont admirables : le violet des champs de lavande, l’orangé des terres savoyardes, les tourbillons grisâtres des montagnes suisses… La musique aussi est enivrante mais on regrette que la mélodie In The Autumn (Epic Heart), découverte dans la bande-annonce, n’ait pas été retenue dans le film. Elle aurait été parfaite pour certains moments clefs, comme lorsque Gabrielle découvre que ce qu’elle a vécu avec André Sauvage était irréel. L’héroïne est dignement interprétée par la ténébreuse Marion Cotillard qui donne vie à ce personnage de manière très subtil. Mais quel est le secret de cette actrice à qui les rôles tous plus sombres collent à la peau ? Quant à Louis Garel, seconde tête de ce mélodrame, le rôle lui va bien mais sa beauté est trop froide. On l’aurait aimé un poil plus caractériel. C’est d’ailleurs ce que l’on peut reprocher à Nicole Garcia, d’avoir porté trop d’attention à son héroïne et pas assez aux personnages masculins qui ont pourtant une place primordiale dans son film. Marion Cotillard crève l’écran, certes, mais, connaissant leur potentiel à l’écran, Louis Garel et Àlex Brendemühl (José) auraient mérité un peu plus d’attention.

Naïs Madec

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s