Le N’info a vu#1 Miss Pérégrine et les enfants particuliers

Quand Tim Burton sort un nouveau film, le cinéphile en moi se sent presque obligé de sortir l’apéro (comme si on avait besoin d’un prétexte). Tim Burton, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est Edward aux mains d’argent, Charlie et la Chocolaterie, les deux opus d’Alice au Pays des Merveilles ou encore l’Étrange noël de Monsieur Jack… C’est tout un univers à mi chemin entre le glauque et le féérique, toujours dans le domaine du fantastique. Et vous l’aurez compris, ce film ne fait pas exception…

Des personnages hauts en couleur

Miss Pérégrine, interprétée par Eva Green, est magistrale. Le rôle semble taillé pour elle. Ce personnage – une Ombrune – peut se transformer en oiseau et a un pouvoir de manipulation temporelle. Cela mis de côté… La pipe, la coiffure, le maquillage, la prestance, le jeu d’acteur… tout le personnage respire le charisme ! Lors d’une scène de confrontation, même son adversaire paraît impressionné par son autorité. Eva Green passe de la douceur à la dureté avec une aisance rare, et ce n’est pas un hasard si elle en est la tête d’affiche : elle s’accapare l’écran avec une force de caractère incroyable.

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Crédit photo: journaldugeek.com

Les personnages des enfants particuliers sont très bien travaillés aussi, même si les plus vieux sont les plus mis en avant. On prend plaisir à découvrir si ce n’est la personnalité de chacun, sa particularité. C’est d’ailleurs cet aspect que Tim Burton a dû vouloir faire ressortir : les particularités des enfants ne sont pas des pouvoirs de super-héros (à une ou deux exceptions près). Un des enfants projette ses rêves, un autre a un essaim d’abeilles en lui, une petite fille (adorable soit dit en passant) a une bouche de monstre derrière la tête. L’un d’entre-eux a une particularité véritablement glauque et inquiétante. Si un spin -off sortait sur ce personnage, on tiendrait probablement un bon film d’épouvante…

Le personnage principal Jake – joué par Asa Butterfield – sensé être le plus important de tous, n’est au final pas le personnage le plus marquant. On peut le voir comme une manœuvre volontaire pour faire un contraste avec les enfants qui eux sont particuliers. Toutefois, il permet à chacun de s’investir dans l’histoire que nous raconte Burton. Une histoire n’est rien sans son bad guy. Les meilleurs méchants restant ceux qu’on ne peut pas détester. Samuel L. Jackson campe un de ces personnages horrible de par ses actes, mais attachant de par ses aptitudes et son intelligence. On retrouve l’acteur dans un des rôles qu’il adore – celui du méchant charismatique – effrayant de par son pouvoir sur les autres et son autorité. Il incarne une folie scientifique et apporte un souffle drôle sur le film, par des traits d’humour très « Burtoniens ». Un personnage très réussi, à n’en pas douter.

Burton, un excellent conteur

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Crédit photo: Amoursucre.com

On ressort de la séance le sourire aux lèvres, car même si le film n’est pas parfait, on passe un bon moment dans un univers et une ambiance comme seul Tim Burton sait les poser. La mise en scène est bien présente, et on sent le plaisir qu’a pris le réalisateur sur ce film. Veillant à utiliser un minimum d’effets spéciaux, certains effets à l’écran sont parfois à la limite du kitsch, mais fonctionnent très bien dans la continuité du film. Une scène est particulièrement drôle, et a été presque entièrement tournée en stop motion (des marionnettes de pâte à modeler que l’on filme image par image), une technique qui donne à cette scène un cachet presque onirique et très burlesque.

Le cinéma de Burton est bourré de références, et ce film ne fait pas exception. Amusez vous à les repérer, certaines sont assez faciles à deviner, d’autres sont nettement plus cachées. Tant qu’on parle de s’amuser, le réalisateur fait une petite apparition dans son film alors n’hésitez pas à nous dire si vous l’avez vu, sachant qu’on était assez peu lors de la sortie de la séance à l’avoir remarqué ! L’ambiance du film est très influencée par sa musique. Elle rythme l’action et donne sa couleur à la scène. D’ailleurs, dès le début du film, elle nous met sous pression avec une mélodie inquiétante, avant de se stopper brusquement et de désamorcer complètement cette pression. Ce gimmick, que l’on retrouve plusieurs fois au cours du film, est un excellent ressort humoristique qui détend l’atmosphère d’un film qui aurait pu être bien plus flippante. Mais ne vous méprenez pas, le film n’est pas grand public et il y a matière à un traumatisme infantile… Si vous aviez l’idée d’emmener votre petite cousine de 5 ans voir ce film, il y a moyen qu’elle fasse quelques cauchemars…

Des personnages au design sublime

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Crédit photo: Youtube.com

C’est pour moi une très grande réussite du film, surtout celui de Miss Pérégrine et des « savants particuliers » (les méchants pour ceux qui ne suivent pas au fond). Comme dit plus haut, Miss Pérégrine fume une grande pipe, porte des vêtements bleu nuit très élégants, un maquillage qui rappelle son personnage d’Ombrune et son pendant animal, le faucon pèlerin. Sa coiffure impeccable et excentrique porte la marque du metteur en scène et la fait détoner dans le paysage du film. Magnifiquement campée par Eva Green, Miss Pérégrine est une vraie réussite. Pour les antagonistes du films, attention à tous ceux qui ont subi le traumatisme du Slenderman car vous allez en prendre pour votre grade. Grandement inspirés de ce personnage filiforme, les monstres sont vraiment bien fait avec une très bonne animation numérique, et un design perturbant. La deuxième partie des méchants (la classe dirigeante) est perturbante car presque humaine mais avec des dents à faire pâlir d’envie un requin et des yeux blancs inquiétants. Le pire restant la manière qu’ils ont de tuer. Je ne spoilerai pas ce moment, mais c’est pour moi la plus grosse matière à traumatisme du film. En écrivant ces lignes, j’en ai un petit frisson…

Et pour finir…

Au final, Tim Burton nous livre ici un film divertissant, drôle , inquiétant, qui au delà de son histoire porte aussi plusieurs messages forts et peuvent amener à réflexion. Bref, un film aussi particulier que les enfants qu’il nous présente. N’hésitez pas à nous donner des avis après visionnage, car c’est un film qui mérite d’être vu à mes yeux. Foncez, vous ne serez pas déçus, parole de cinéphile !

Nicolas Catillon

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Wondergillou dit :

    Très bonne analyse Nicolas. J’ai très envie de découvrir ce film.

    J'aime

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