Le retour de l’enfant prodige

Crédits photo : ibtimes.co.uk

Après une première saison d’anthologie, c’est peu dire que l’attente dès la confirmation de la saison 2 fut énorme. Elle continue de l’être suite au pilote diffusé le 8 janvier. Bien décidé à aller au fond de sa pensée, John Ridley délocalise sa fresque des maux états­-uniens dans une école privée de l’Indiana qui devient le nouveau théâtre de sa critique (up)percutante. Mais quand on aime, on ne compte pas… 

Un air de déjà vu

Avec le retour de Felicity Huffman, de Regina King  et de Timothy Hutton; le réalisateur s’assure déjà d’une qualité d’acteurs époustouflante. Toujours aussi charismatiques, leurs rôles n’ont pourtant plus rien à voir. Felicity Huffman, devenue directrice de la prestigieuse école privée « Leyland Scool » n’est désormais plus en couple avec Timothy Hutton qui se retrouve entraîneur de l’équipe de basket du lycée. Cependant, dès le pilote, on comprend très vite que les deux personnages vont devoir collaborer pour résoudre cette affaire. Regina King, quant à elle, joue la mère d’un des joueurs stars de l’équipe de basket. Très exigeante avec lui, on détecte très vite une mère poule trop protectrice de son enfant qui n’en est plus un.

Une patte reconnaissable

La patte technique de John Ridley nous prédispose automatiquement à un show d’anthologie. Les fils directeurs de la première saison sont toujours présents. En effet, on retrouve toujours la même fascination pour l’épuration de l’image propre au réalisateur. Jamais abusifs et parfaitement entrecoupés, les gros plans se succèdent et captivent notre attention sur ce qui se déroule sous nos yeux. Sans aucune fioriture, l’image nous fait prendre conscience de l’importance du geste, de l’expression faciale des personnages, de leurs doutes, de leurs peurs. Toujours aussi ambigus, les personnages ne sont pas manichéens et la recherche de la vérité est beaucoup plus complexe et difficile à percevoir dès lors que le réalisateur laisse le choix au téléspectateur de se faire sa propre opinion. En réduisant à son strict nécessaire la musique, John Ridley démultiplie son impact. Toujours maître dans l’art d’entretenir le spectateur en haleine, American Crime nous promet de belles surprises à venir.

Dans les abysses du tabou

Cette saison, le créateur de la série a décidé de s’atteler à un tabou profond de la société américaine : celui du viol, et qui plus est celui d’un garçon. On suit les déboires d’un enfant blanc aux revenus modestes qui étudie dans l’école privée de « Leyland School ». Timide, l’étudiant est persécuté par les autres. Un soir, lors d’une fête dédiée au capitaine de l’équipe, il est invité. Forcé à boire et peut-­être même drogué, plusieurs images indécentes de lui circulent sur les réseaux sociaux. Au point que la direction de l’école décide de l’expulser. Cependant l’histoire serait plus complexe, et le silence de son fils fait comprendre à sa mère – jouée par Lili Taylor – qu’il aurait été violé par l’un des membres de l’équipe de basket. L’école va tenter de garder l’affaire sous contrôle et éviter de l’ébruiter. Face à la passivité de la direction, sa mère décide finalement d’appeler la police et, par la même occasion, de faire entrer l’affaire dans le domaine judiciaire. Diffusé sur ABC, rendez­-vous tous les vendredis sur Canal+ pour suivre l’affaire.

Romain Ethuin

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