Le grand débat étudiant inter-partis

 A l’occasion des élections départementales du mois de Mars, la rédaction s’est incrustée à un évènement peu commun. En effet, le 4 mars dernier était organisé une joute verbale entre animaux politiquesétudiants. En partenariat avec Sud-Ouest, le débat s’est déroulé à l’intérieur de l’amphithéâtre Montesquieu de l’IEP. Ce qu’on peut vous affirmer, c’est que les discussions étaient, comme toujours en politique, très cordiales (Bien entendu, c’est un euphémisme). Sous des formats courts d’environ 15 minutes, trois partis étaient amenés à débattre sur des sujets sensibles, tels que l’immigration, le nucléaire, l’Union Européenne, j’en passe et des meilleurs… Parmi les intervenants d’EELV, des jeunes communistes, du MJS (Mouvement des Jeunesses Socialistes), de l’UMP, de Nouvelle Donne, de l’UDI et même du FN, chaque parti politique a tenté de tirer son épingle du jeu. Alors, qui a croqué qui ?

Sommaire des débats:

  1. Travailler plus pour gagner plus ?
  2. Le nucléaire : une énergie d’avenir ?
  3. Immigration : une chance pour la France ?
  4. Quelle réforme territoriale pour la France ?
  5. Grèce : un échec pour l’UE ?
  6. Autonomie des universités : une fausse solution ?
  7. Les médias : garants de la démocratie ?

I) Travailler plus pour gagner plus ?

《Le sarkozysme, c’est l’appât du gain》Pierre Melun, jeune socialiste de Gironde

Pour introduire les débats, Paul Melun – président de l’UNEF de Sciences Po Bordeaux – était le porte-parole du MJS, tandis qu’Alexandre Fongaro – président des Jeunes Européens de Bordeaux – défendait l’UMP et que Nicolas Pereira – étudiant engagé – représentait Nouvelle Donne.

Le MJS affirme haut et fort que ce slogan n’est pas une solution efficace, puisque le chômage persiste. Le jeune représentant socialiste ira même jusqu’à caricaturer le sarkozysme comme l’appât du gain. Il préconise plutôt le maintien des 35 heures qui ont créé près de 350 000 emplois supplémentaires sur la période 1998-2002 (chiffres de l’INSEE). Ce à quoi, Alexandre Fongaro rétorquera directement: De quelle gauche parlez-vous ?. En effet, après le fameux 49-3 de la loi Macron qui prévoit entre autres un assouplissement des 35 heures, la majorité s’étiole. Le jeune loup de l’UMP (Sud-Ouest) salue la majorité qui irait dans le bon sens avec plus de souplesse. Il privilégie un retour aux 39 heures qui pourrait rapporter entre 1 et 1,5 milliards d’économie à l’état français, selon un rapport de la cour des comptes. Il pense qu’une réglementation plus simple réglerait le chômage. Pour Nouvelle Donne, le rapport au travail est primordial, or un récent sondage affirmerait que 89% des français sont malheureux au travail.  Il sous-entend aussi que le chômage de masse ne serait que l’héritage gauche-droite.

L’UMP affirme que le bilan de Sarkozy serait plutôt bon, puisqu’il aurait augmenté le pouvoir d’achat des français (+0,64% par an, pas de quoi fouetter un chat). Paul Melun, au contraire, fustige ce mandat. Le pouvoir d’achat aurait bien augmenté mais pour des privilégiés, grâce au fameux bouclier fiscal. Là où, l’UMP pense que les français ne travaillent pas suffisamment, Nouvelle Donne affirme qu’en moyenne, les allemands et les américains (précaires compris) travaillent respectivement 30,5 heures et 32 heures par semaine. Les français ne seraient donc pas aussi fainéants qu’on le pense !  Il faudrait surtout un meilleur partage du temps de travail, permettant plus de roulements d’effectifs, ainsi qu’une productivité accrue des travailleurs.

II) Le nucléaire: une énergie d’avenir ?

《La fusion nucléaire est une énergie d’avenir, la fission est dépassée,  rétrograde》Thomas Collinet, jeune communiste

Sur la question du nucléaire, les verts étaient évidemment présents avec Betty Piccioli – conseillère municipale d’Eysines – tandis que Thomas Collinet – étudiant à l’université Montaigne de Bordeaux – parlait au nom des jeunes communistes et que Maxence Aubert – étudiant en 1ère année à Sciences Po Bordeaux – défendait les opinions de l’UDI.

Betty Piccioli rappelle la commémoration des quatre ans de Fukushima (qui a eu lieu le 11 mars). Elle affirme aussi que le nucléaire n’est pas rentable à long terme, puisque le prochain plan d’allongement des centrales nucléaires, coûterait à la France plus de 110 milliards d’euros. Pour le PCF, certes la part du nucléaire doit baisser, mais la part des énergies renouvelables devrait se cantonner à 20% pour des raisons pratiques. Thomas Collinet pense surtout que le problème financier va de pair avec le capitalisme. Marxiste, le jeune communiste affirme que l’état, garant de l’intérêt général à long terme, doit reprendre le plein contrôle des appareils énergétiques afin de mener ses réformes à bien. Les exigences relatives à l’intérêt général lui semblent absolument incompatibles à l’intérêt privé. Maxence Aubert, quant à lui, souhaite également une sortie progressive à horizon 2040. Ce choix se justifie par une triple dépendance de la France vis à vis du nucléaire. Une dépendance énergétique d’abord, puisque l’énergie nucléaire représente 75% de notre électricité. Une dépendance écologique aussi, car le nucléaire nous permets d’avoir assez peu d’effet de serre. Une dépendance économique enfin, puisque le nucléaire représente la troisième filière industrielle française, ainsi que 220 000 emplois et 2500 entreprises.

Pour les jeunes communistes, la transition énergétique ne doit pas ressembler à celle effectuée en Allemagne qui 《la ramène au XIXème siècle》 avec l’utilisation du charbon. Thomas Collinet tient à distinguer la fission nucléaire de la fusion nucléaire. Tandis que la fission provoque énormément de déchets et serait la source de conflits géostratégiques entraînant le néocolonialisme; la fusion en revanche ne provoquerait aucun déchet et serait une énergie d’avenir:La fusion nucléaire est une énergie d’avenir, la fission est dépassée rétrograde. Seulement pour EELV, il n’est pas seulement question de déchets mais surtout de sûreté. Ce à quoi Maxence Aubert s’empressera de se référencer à l’adhésion du PS et d’EELV sur la loi du budget 2014, qui prévoyait une baisse de 10% des subventions à l’Autorité de Sûreté Nucléaire. L’UDI souhaiterait plus de fonds dans la recherche et le développement des énergies renouvelables, ainsi que la création d’un grenelle de l’environnement européen, permettant à l’union européenne d’être un modèle du genre.

III) Immigration: une chance pour la France ?

《 Quand il y  a un problème dans la maison, le Front National détruit le quartier》Paul Azibert, président fondateur UMP Sciences Po Bordeaux

Pour un sujet aussi polémique que celui-ci, le FN rentrait sur scène avec son seul représentant : Jordan Sztang – étudiant de l’IEP – qui fit face à Emilia Noah – trésorière du MJS – et Paul Azibert – président fondateur de 《Génération d’idées》- qui portait les couleurs de l’UMP.

Le frontiste débute son argumentaire avec les années 1970. En effet, l’immigration de masse aurait débuté ces années-là et résulterait d’un projet patronal visant à faire pression sur les salaires français. Il nous réfère à d’anciennes déclarations de Francis Bouygues,  ainsi qu’à Karl Marx, pour qui l’immigration et les chômeurs constituent l’armée de réserve du capital. Le modèle d’assimilation se serait arrêté dans les années 1980 avec l’instauration du communautarisme. Jordan Sztang dénonce les frontières européennes, qu’il qualifie de 《passoires》. L’espace Schengen pose problème. Pour Emilia Noah, la réponse est évidente: Oui, c’est une chance politique, une aubaine économique, et une ressource humaine pour la France. Elle demande à cesser les amalgames véhiculés par le FN entre étrangers et immigrés, entre immigrés et fils d’immigrés. Elle rappelle également que《la France est un pays d’immigration diffuse et non massive》. La trésorière du MJS démontre, chiffres à l’appui, que la France est l’un des pays les plus fermés de l’OCDE avec seulement plus de 220 000 entrées par an, soit 0,3% de la population française, et que les immigrés représentent seulement 9% de la population. L’immigration rapporterait chaque année 12,4 milliards d’euros à l’Etat. Enfin, elle affirme que leur intégration serait réussie, puisque 61% des immigrés et 91% d’enfants d’immigrés, se sentiraient français. La jeune socialiste déclare solennellement:《Quand le front national exclue, le socialisme inclue et protège, et nous ne céderons rien face à la xénophobie et au racisme》. Paul Azibert, quant à lui, souhaite une immigration responsable. Il faut donc revoir l’espace Schengen. Il va néanmoins briser toute tentative d’alliance au FN en déclarant avec virulence: Quand il y a un problème dans la maison,  le Front National détruit le quartier. Il enchaîne ensuite sur la maîtrise des flux migratoires, condition si nae qua non d’une bonne intégration.

La jeune socialiste attaque cependant la droite sur sa porosité avec le FN, notamment dans l’utilisation du terme 《français de souche》: En France, un français sur quatre est issu de l’immigration, donc français de souche, très peu pour nous. Elle accuse la droite d’avoir stigmatisé les immigrés et se prononce en faveur du vote des étrangers aux élections locales, dès lors qu’ils paient leurs impôts en France, et qu’ils vivent sur le territoire depuis cinq ans. Si Paul Azibert rejoint les chiffres de l’OCDE portés par sa collègue de gauche, il déplore cependant la faible part d’immigration économique: 9% en France contre 20% en Italie. Il souhaite donc la réduction du regroupement familial. Jordan Sztang attaque l’UMP sur leur soi-disant politique de réduction des immigrés puisque le nombre d’immigrés aurait doublé sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il déplore aussi des chiffres de l’immigration qui seraient bien en dessous de la réalité et qui seraient volontairement faussés. Enfin il dénonce le coût de l’immigration qui s’élèverait à 42 milliards d’euros, qui seraient directement répercutés sur les collectivités locales et notamment les forces de l’ordre. Conspué et hué par le public, Jordan Sztang n’en démords pas, il confirme la corrélation entre délinquance et immigration. Ce à quoi, Emilia Noah lui reprochera immédiatement de contribuer aux amalgames et au racisme en France. Enfin, l’UMP finira par répondre aux critiques de stigmatisation des immigrés par la gauche, en rétorquant qu’il y a eu deux fois plus d’expulsions de roms sous Manuel Valls.

IV) Quelle réforme territoriale pour la France ?

《La France jusque là a une histoire, mais elle a aussi un avenir dans son pays et en Europe. Notre avenir, c’est peut-être de penser des régions fortes》Céline l’hostis, EELV

Jean-Philippe Lamoure – Délégué départemental des jeunes UDI de Gironde – siégeait aux côtés de Céline l’hostis – Co-coordinatrice des jeunes écologistes sans frontières – et de Yann Herber – étudiant à Bordeaux IV – pour les jeunes socialistes de Gironde.

Pour Jean-Philippe Lamoure et Céline l’hostis, la réforme territoriale ne va pas assez loin. Les deux partis s’étant clairement prononcés vers plus de fédéralisme, leurs propositions divergent quelque peu. Pour l’UDI cette réforme n’est ni assez claire, ni assez fournie pour détruire le mille-feuilles administratif. De plus, elle ne fait nullement état des futures compétences à redistribuer. Bâclée, voire inutile pour les radicaux de droite, l’UDI prône plutôt la délégation des compétences départementales aux métropoles. De plus grandes compétences, leur permettrait de s’agrandir et favoriserait leur développement économique, tout en offrant plus de clarté et de simplicité administrative. Ils demandent avant tout une application de la réforme au cas par cas. De leur côté, les écologistes sont pour la suppression pure et simple des départements. Ils souhaitent des régions fortes et autonomes ainsi que le renforcement des intercommunalités. Les socialistes s’éloignent totalement de ces points de vue et souhaitent garder les conseils départementaux. En effet, les départements français ont une histoire forte et représentent une certaine démocratie locale. Pour vanter les mérites du fédéralisme, Céline l’hostis cite l’Allemagne. Or Jean-Philippe Lamoure s’offusque: Si la fusion des régions était bien la solution, comme l’affirment les verts, comment se fait-il que les lands de Brême et de Hambourg, ainsi que la Sarre, aussi minuscules soient-ils, sont plus puissants que la région Aquitaine ? Le jeune socialiste rejoint son collègue de l’UDI, aucune comparaison n’est possible avec nos voisins. Il en appelle à la tradition historique de la France, soit un état central fort. Céline l’hostis lui réponds alors:La France jusque là a une histoire, mais elle a aussi un avenir dans son pays et en Europe. Notre avenir, c’est peut-être de penser des régions fortes.

V) Grèce: un échec pour l’UE ?

《UDI: Comment finance-t-on la sortie de l’euro !? FN: Comment ça ?》Altercation entre Laure Sanchez de l’UDI et Jordan Sztang du FN.

Pour débattre, Nicolas Pereira faisait son retour pour Nouvelle Donne, Laure Sanchez venait défendre la cause de l’UDI et enfin le seul représentant frontiste venait clôturer le débat.

Pour Nouvelle Donne l’échec de la Grèce est triple. Tout d’abord il s’agit d’un échec de prévention, puisque la Grèce a dû fausser ses comptes pour rentrer dans la zone euro. C’est ensuite un échec de traitements, puisque sous la Troïka, l’endettement public est passé de 115% à 175% du PIB. Enfin, c’est un véritable échec social, puisque les taux de chômage chez les jeunes et ceux de la mortalité infantile, ont tous deux augmenté de 50%. Nicolas Pereira salue cependant l’assouplissement de la dette, ainsi que la défaite de l’Aube dorée. Selon lui, la Grèce doit rester dans la zone euro et la solution à la crise passe par plus d’intégration européenne. Laure Sanchez prends des positions très proches de son compère, à savoir plus d’Europe ainsi que moins d’évasion fiscale. Elle se félicite néanmoins du sauvetage de l’euro et de notre solidarité à tous vis à vis des grecs. Pour Jordan Sztang, le son de cloche est légèrement différent. Partant du même constat que ses compères, il préconise la sortie pure et simple de l’union européenne et de l’UEM (zone euro), lesquelles seraient consubstantielles à l’austérité. Il se réfère au traité de Maastricht qui revendique un déficit public compris entre 3 et 4% du PIB ainsi qu’une dette publique de 60% du PIB par an. Laure Sanchez va donc explicitement l’interroger sans détour:

Comment finance-t-on la sortie de l’euro !?

– Comment ça ?

Surpris par la question, le FN se retrouve en position cocasse. Son représentant va tout de même citer 117 économistes, dont 2 prix Nobels, qui recommandent la sortie de l’euro. Le retour à la monnaie nationale pourrait nous permettre de dévaluer notre monnaie pour plus de compétitivité. Nouvelle Donne tente alors de recentrer le débat: 《On n’était pas censés parler de la Grèce ?》. Pour l’UDI, une sortie temporaire de la  Grèce de la zone euro ne pourrait que lui faire du bien. L’UDI et Nouvelle Donne s’accordent sur l’établissement d’un droit fiscal européen commun, qui permettrait plus de solidarité entre les pays membres.

VI) Autonomie des universités: une fausse solution ?

《On a tendance à considérer qu’un Bill Gates a innové tout seul dans sa salle de bain, mais en réalité, la recherche fondamentale a été réalisée par des universitaires, et est en partie financée par les entreprises》Nicolas Pereira, partisan de Nouvelle Donne

Pour cet avant-dernier débat, Arthur Bongrain – Membre du conseil d’administration de Sciences Po Bordeaux – de l’UMP, Nicolas Pereira de Nouvelle Donne et Emma Berthault – syndiquée à l’UNEF – des jeunes communistes étaient aux avants-postes.

Arthur Bongrain pense absolument nécessaire l’autonomie des universités face au contexte socio-économique actuel. En effet, le partenariat avec l’entreprise nous conduirait vers plus d’innovation. L’autonomie des universités permettrait de se rapprocher des besoins étudiants vers plus de concret et d’efficacité:C’est un cercle vertueux qui peut se mettre en place. C’est avant tout 《le choix de l’excellence et de la réussite》. Pour Nicolas Pereira, l’autonomie des entreprises ne doit pas conduire à une concurrence qui serait contre-productive, mais plutôt à une meilleure mise en commun des réseaux universitaires vers plus de solidarité et d’entraide. L’actuelle autonomie a été un échec piloté par l’état: Maintenant vous vous démerdez, et on verra bien ce qui passe. Les universités sont livrées à elles-mêmes, malgré leur déficit dans le domaine de la recherche de financement extérieur. Il déplore enfin une certaine monopolisation du pouvoir par des présidents d’universités et des CA, beaucoup trop puissants. Il souhaite plus de démocratie, en intégrant notamment la Société Civile aux comités de direction. Emma Berthault refuse catégoriquement tout financement extérieur et souhaite un financement intégralement public: L’université doit s’ouvrir, pas se vendre !. Le financement privé conduirait à des inégalités entre les universités. De plus avec les fonds privés, la recherche ne serait qu’indexée sur une rentabilité à court terme. Pour l’UMP, l’autonomie va assez loin, mais Arthur Bongrain reconnaît un déficit cruel d’accompagnement. Nicolas Pereira justifie le financement privé par une meilleure adéquation des formations professionnelles au marché du travail. Telle quelle, la loi est un semi-échec. Si l’accompagnement de l’état est un échec absolu, la recherche appliquée en revanche est porteuse d’espoir: On a tendance à considérer qu’un Bill Gates a innové tout seul dans sa salle de bain, mais en réalité, la recherche fondamentale a été réalisée par des universitaires, et est en partie financée par les entreprises. Enfin, le partisan de Nouvelle Donne tient à rassurer les étudiants: 《L’université est toujours publique et elle le restera》.

VII) Les médias: garants de la démocratie ?

《Les médias ont un problème avec une certaine expression de la pluralité, qui est censée être la base de la Démocratie et de la République》Jordan Sztang, FN

Le dernier débat opposait Thomas Collinet des jeunes communistes à Jordan Sztang du FN ainsi que Nelson Palis Niermann – blogueur de la Souris verte – pour EELV.

Thomas Collinet dénonce un système médiatique libéral trop subversif. Le pluralisme politique qui constitue l’un des piliers essentiels de la démocratie, était déjà menacé dans les années 1970 avec l’ORTF, il est aujourd’hui menacé avec l’appropriation des médias par des conglomérats financiers. La privatisation aurait substitué le service public au sensationnalisme et au diktat de l’audience. La démocratie est malade: BFMTV avait déjà été épinglé par le CSA lors des élections municipales, pour avoir donné 50% du temps de parole au FN. Aujourd’hui rebelote avec l’approche des élections départementales, où cette fois-ci ce sont LCI et Itélé qui ont été épinglés pour avoir donné 50% du temps de parole au FN. Le jeune communiste fait référence aux dernières élections municipales qui étaient particulièrement symptomatiques: Le PCF qui a conquis plus de 500 communes, n’a bénéficié que de 2% du temps de parole, tandis que le FN en a engrangé près de 50% pour 11 communes conquises. Jordan Sztang doute quant au soutien des médias vis à vis du FN. Il déclare《[qu’] il y a un grave déficit de pluralité d’opinions dans les médias》. Selon un récent sondage, 74% des journalistes auraient voté François Hollande au second tour des présidentielles de 2012. Il ajoute: On remarque que beaucoup de journalistes ont une certaine hostilité à l’égard du Front National. Le frontiste cite une campagne de Charlie Hebdo en 1995, visant à interdire le parti. Il finira par affirmer que《les médias ont un problème avec une certaine expression de la pluralité qui est censée être la base de la Démocratie et de la République》. Le représentant d’EELV, plutôt d’humeur joueuse va prendre au mot le frontiste:Tu oses nous parler de pluralisme alors que le FN interdit Libération et Le Figaro dans ses villes ?(La médiathèque de Fréjus a coupé les abonnements à 《Libé》en janvier dernier et compte couper ses abonnements au Figaro au mois d’avril, ndlr). Nelson Palis Niermann prône l’indépendance des médias en citant Le canard enchaîné ou encore Médiapart. Ces journaux indépendants sont quasiment les seuls à dévoiler de véritables scandales, et donc à faire leur métier de journalistes. Quid ensuite du NPA, du modem, de Nouvelle Donne ou encore du front de gauche au sein des médias ? EELV parle de tripartisme UMPSFN, élaguant tous les autres partis politiques de la scène médiatique. Le représentant des verts déplore aussi l’angle des médias à Notre-Dame des Landes où ils se seraient immédiatement concentrés sur les casseurs, au détriment des milliers d’autres manifestants pacifiques. La solution serait de confier un plus grand rôle au CSA. Thomas Collinet préfère s’inspirer de l’Equateur, qui a mis en place un cocktail médiatique dont 1/3 est assuré par les services publics de l’Etat, 1/3 par le privé et 1/3 par le monde associatif. L’émergence d’Internet est par exemple, une bonne alternative aux médias traditionnels selon le frontiste, puisqu’étant libre, la pluralité est respectée. Le jeune communiste préfère s’en méfier avec la recrudescence de la désinformation et de l’explosion des sites complotistes, très vite rejoint par son camarade écologique:Internet peut être le meilleur, comme le pire outil à utiliser.

Romain Ethuin

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