Prépare ton culte, voilà les Airnadette !

Après avoir parcouru un peu toute la France et le monde, la troupe déjantée des Airnadette revient à Bordeaux le 10 mars au Pin Galant avec La Comédie Musiculte. Un show plein d’énergie qui n’a pas fini de vous étonner. Le N’info a pour l’occasion rencontré Scotch Brit qui nous présente cette joyeuse bande et ce spectacle d’un tout nouveau genre.

N’infoblog : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ainsi que le groupe Airnadette ?

Scotch Brit : Moi c’est Scotch Brit, donc dans le groupe je suis un peu la caution girly pop.

Schotch britEt puis Airnadette c’est un groupe formé de 6 membres, géré par un manageur foireux qui s’appelle Philippe Risotto.

Le groupe c’est 6 personnages, il y a Moche Pitt qui est mon amoureux et qui est le dandy qui écoute de la musique un peu indépendante, qui regarde des films avec des anti-héros comme OSS 117. On a Guther Love qui est cette espèce de jack Russel flamboyant qui a un petit coté métal. Cette espèce de violence musicale mais en même temps le glam’ d’un Freddie Mercury, avec des références cinématographiques plutôt de personnages comme ceux de Dikkenek ou Les Bronzés font du ski.

On a M-RodZ qui est la caution pop, hip pop, street urbaine qui écoute plutôt du hip pop effectivement et qui a des références de films assez urbaines.

Il y a Jean-Françoise qui est un grand personnage, un peu clown bleu. Un peu nostalgique, mélancolique qui est un peu dans des références plus poétiques, un peu plus graves. Qui est dans des chansons un peu tristes avec des chanteuses à voix comme Lara Fabian mais en même temps qui peut avoir des affluences de rébellion voilà avec une violence retenue mais qui peut exploser à tout moment.

Et enfin on a Château Brutal qui est la caution un peu seventies du groupe, avec des références musicales comme Led Zeppelin et des films de nanar, des Chuck Norris, des films avec de gros durs, avec des grosses voix.

Donc voila c’est 6 personnages grands et même temps complémentaires qui forment le groupe Airnadette. C’est un groupe polymorphe qui à la fois danse, chante ou en tout cas le fait bien croire et parle avec des répliques de films plutôt cultes, il y aussi des extraits de pubs, des extraits de vidéos du web. Enfin voila on est vraiment dans le melting-pot de la référence culte quoi.

Le air guitar fait aussi un peu parti du spectacle, qu’est-ce que c’est exactement ?

C’est un peu le air tout, car le air guitare, les compétitions elles durent une minute dans le spectacle qui dure une heure et quart.C’est surtout le pouvoir de faire exister des choses qui ne sont pas la, c’est toute la poétique du mime.

Crédit : Geoffrey Bourrissoux

Et là c’est du mime synchronisé c’est à dire qu’on fait exister des objets qui ne sont pas là. Il y a le air guitar, il y aussi les batteries, les basses, les machins, les sorties plaques tout ça c’est la magie du mime. Le air c’est arriver à faire croire qu’on est quelqu’un d’autre, qu’on a une autre voix, qu’on sait jouer d’un instrument, d’arriver à faire croire qu’on est à tel endroit par le pouvoir du corps, de l’expression et puis de la bande son. Imaginer des choses imaginaires, on fait aussi travailler l’imaginaire du public. C’est bien au delà du air guitar c’est le air tout en faite.

Comment finalement on arrive à se dire qu’on veut faire ça ?

Complètement par accident, c’est des rencontres, c’est évidemment des championnats de air guitare à la base qui nous on fait nous rencontrer. Après c’est l’envie de poursuivre la blague, de faire des coups de bluff, de dire on va monter un groupe, de le faire, de penser que ça va durer qu’un soir et en fait ça dure plus longtemps car les gens sont contents et demandent à revoir. Du coup on se dit après où est ce qu’on va pouvoir pousser la blague plus loin. Allez on fait une tournée aux Etats-Unis et puis on fait un documentaire pour Canal +. On rencontre Matthieu Chedid qui nous dit « venez faire Bercy avec moi », du coup on va faire Bercy. Après on se dit que cela va s’arrêter. Et si finalement on écrivait une comédie musicale avec que des répliques de films ? Et finalement on le fait. On se dit que ça na va jamais marcher et là ça va faire 4 ans qu’on tourne.

Voilà c’est un peu « on en arrive la à tirer le fil à partir d’une bonne blague qui dure, qui dure qui dure et qu’on partage et qui a l’air de faire kiffer les gens. »

En même temps c’est vrai que ça a l’air vraiment drôle et justement ça change des spectacles habituels qu’on peut voir. 

Ah oui c’est un spectacle unique en son genre, on a fait plusieurs festivals que ça soit de musique ou de théâtre donc on est un peu hybride entre la musique, la comédie musicale, le concert. Et du coup on a fait des festivals de musique effectivement hyper connu comme Glastonbury, Solidays, les Francofolies, mais on a fait aussi des festivals de théâtre comme le festival Juste pour rire à Montréal ou le festival d’Avignon. Et puis voila on joue vraiment un peu partout.

Et à la fois. c’est un spectacle hybride qui peut être programmé dans des endroits hyper différents et en même temps ça ne ressemble jamais à rien de ce qui est programmé dans ces endroits. Même au festival d’Edimbourg en Ecosse c’est vraiment le plus gros marché du spectacle vivant, il n’y avait pas un spectacle qui ressemblait à ce qu’on fait.

C’est vrai que souvent les gens nous disent « je n’ai jamais vu ça », et effectivement je crois qu’on est un peu les seuls au monde.

En plus d’être un show unique, ce qui est intéressant c’est que dans votre spectacle tout le monde peut se retrouver au final !

Non seulement onaffiche20X30TOUR-140715 se retrouve dans les références mais aussi on se retrouve dans l’idée de se dire que moi aussi je peux être une Airnadette, moi aussi je chante avec une brosse à cheveux dans ma salle de bain.

En faite nous on transgresse le truc, et on le fait avec des costumes sur scène, des lumières. On le fait bien à priori, souvent on dit « on fait n’importe quoi mais on ne le fait pas n’importe comment. Et du coup ça donne vachement envie au gens de se dire « merde moi aussi j’ai envie de faire n’importe quoi ! ». Donc voila c’est ça le message.

Comment se passe le choix des 317 extraits sonores que vous utilisez dans votre spectacle ?

On garde le meilleur, on prend ce qu’il nous fait le plus rire et les choses qui nous font à moitié rire on l’enlève. Il a fallu aussi faire quelque chose de cohérent. Ça raconte une histoire aussi, quand c’est cohérent et drôle on prend.

On a eu aussi Pierre-François Martin-Laval (aka PEF) des « Robins des bois » qui a bien aidé aussi à faire des choix sur les extraits et on renouvelle aussi. C’est-à-dire vu qu’on travaille sur des sons cultes quand il y en a des nouveaux qui arrivent comme le « Allo » de Nabilla ou la pub Cetelem avec « mais c’est dingue t’es son portrait craché ! » on ne peut pas ne pas le mettre. Donc on fait de temps en temps des petites mises à jour. Elles marchent vraiment trop, il faut qu’on l’ajoute à la bande son donc voila on fait des choix qui sont déterminés par le potentiel culte des répliques du moment.

Contrairement à beaucoup de groupes ou chanteuses cultes qui font du play-back pour ne pas louper leurs prestations, est-ce que ça vous arrive de chanter en vrai pour ne pas rater votre prestation ?

Et bah non, c’est vrai que le play-back c’est la sécurité. Non ceci dis tu n’es pas loin de la vérité. Ça serait intéressant de couper le son quelques fois sur le spectacle des Airnadette. Évidemment on est couvert par la bande son du coup on ne nous entend pas. Mais ça peut arriver qu’on s’égosille car il y a une chanson qu’on aime vraiment bien et qu’on chante. Mais heureusement que le public n’entend pas vraiment nos voix car elles sont couvertes par le play-back.

Ah et qu’elle est cette fameuse chanson ?

Ah je ne voudrais pas dénoncer mais je sais que Moche Pitt quand il fait les Rois du monde, il la chante vraiment, comme je suis juste à coté et j’entends et c’est pas jolie jolie.

Non mais c’est vrai qu’on a rien à envier à Britney Spears et à Beyoncé, elles-mêmes assurent leurs arrières en faisant un peu aussi les Airnadette.

Vous jouez en quelque sorte un personnage, comment arrivez vous à vous mettre dans la peau de celui-ci ?
PHOTO 1 - Crédit photo Geoffrey Bourrissoux
Crédit : Geoffrey Bourrissoux

C’est assez facile car ce n’est pas tellement quelqu’un d’autre en faite, ce sont des personnages qui font partie de nous. C’est forcément un bout de nous qu’on a modelé et qu’on a habillé, mis en valeur. Et voilà, dans la vie quelque fois on assume pas forcement tout ce qu’on écoute, ou tout ce qu’on aime ou ce qu’on voudrait être. On a des fantasmes qu’on aurait envie d’être.

Et puis voilà avec Airnadette c’est possible, c’est juste des parties de nous qu’on laisse s’exprimer et du coup non seulement ce n’est pas difficile mais comme ça fait 6 ans que ça existe et que finalement il n’y a plus vraiment de frontières entre le personnage et nous, ces gens la c’est nous complètement. Et d’ailleurs c’est marrant, c’est souvent des gens qui croisent notre intimité et se rendent compte qu’on s’appelle tous par nos noms de scène en faite. Mais c’est hyper jouissif, Airnadette t’offre la possibilité d’être qui tu crois que tu n’as pas le droit d’être. Tu es qui tu as envie d’être et que tu as fait taire jusque là quoi.

Je pense que c’est aussi ce qui donne envie aux gens de venir voir le spectacle et qui donne la pêche finalement.

Comment vous voyez l’avenir des Airnadette ?

Disons que nous on pensait vraiment que ça allait durer un soir voire une semaine et puis ça dure depuis des années maintenant. Chaque jour est un bonus des kiffs qu’on n’avait pas anticipé. Mais ce qui est fou c’est qu’il y a pas mal de projets dans les tuyaux donc visiblement ça risque de ne pas s’arrêter demain.

On a un film en écriture, on a un deuxième spectacle qui va être en écriture l’année prochaine, on a le spectacle en anglais qui continue à tourner, et on va jouer dans différents pays. Cette vie la elle nous plait bien donc on est ravie qu’elle continue et visiblement le public a l’air d’encourager ça donc c’est super. Et puis ce qui est fou c’est que notre source de travail c’est des bandes sons, des sources audio de films qui sont un peu culte, et on se rend compte qu’on en a utilise un centième. On n’a pas fini de faire des cultures a priori. Chaque jour nous rajoute de la matière à faire des spectacles donc voila. Je crois qu’on n’a pas fini de faire n’importe quoi.

Il y a une dernière chose que vous souhaitez dire aux gens qui n’ont pas vu le spectacle ?

Il y a de l’énergie, plein de choses qu’on connaît. Mais ce qui est important de dire c’est que c’est un spectacle hyper fédérateur donc il y a des enfants, des grands parents, des gens de tous les milieux. Nous en tout cas on ne fait aucune discrimination culturelle. Ce qu’il y a de drôle c’est qu’on fait cohabiter Florent Pagny avec Queen of the stone age ou Kurt Cobain avec Britney Spears. C’est vraiment le mélange des genres.

On fait cohabiter Le mépris de Godard avec Star Wars donc voila il n’y a pas de discrimination de genre. Ca se ressent vachement dans notre public et souvent les gens sont étonnés que notre public soit des personnes très différentes et c’est génial. De voir les petites nenettes fait du headbanging sur Korn et juste à cote un mec avec des dreads qui chante Je t’aime de Lara Fabian c’est assez rare. Et chez nous c’est possible !

Merci à Scotch Brit d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Pour plus d’informations : http://www.airnadette.com/

Mélodie Descoubes

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