Il était une fois la droite

Le monde merveilleux de la politique, loin d’être un conte de fée ces temps-ci, nous gratifie parfois de certains rebondissements palpitants. A l’heure actuelle, le FN se targuant toujours avec fierté de représenter 25% des français (Succès quand tu nous tiens…), on peut légitimement se demander si le FN n’aurait pas subtilisé le rôle de premier parti d’opposition à l’UMP… Non je déconne ! (Faut pas pousser Jean-Marie dans les orties) Il est certes lucide d’observer une montée constante de l’extrême-droite, mais de là à dire qu’il serait le deuxième parti de France, se trouve un gouffre que la raison nous ordonne de ne pas franchir. Cependant la déliquescence actuelle de l’UMP nous pousse à nous interroger. Sous fond de politique du hater avec le « Ni-Ni » magistralement orchestré dans le Doubs où la porosité entre les électeurs de la sainte droite républicaine et ceux du démon fascisto-nazi de l’extrême-droite s’est encore vérifiée, et de conférences rémunérées à l’autre bout du monde par le petit Nicolas, on peut le dire c’est la merde.

Dans les choux pour le Doubs

Suite à l’entrée de Pierre Moscovici au sein de la Commission européenne en novembre dernier, des élections législatives partielles eurent lieu début février dans la 4ème circonscription du Doubs. Cette élection anticipée représentait déjà pour certains un baromètre national du vote des français. Il est évident que dès lors que le taux d’abstention s’élève à plus de 60% pour le premier tour et à un peu plus de 50% au second, ces résultats ne peuvent qu’être pertinents… Bref le débat n’est pas là, revenons à nos moutons. Comme je le disais, la bataille fit rage pour conquérir le Doubs. Le champion de l’UMP est (encore une fois) Charles Demouge. Eh oui, ce candidat était déjà là face à Pierre Moscovici et Sophie Montel au sein d’une triangulaire pour le second tour en 2012. Le candidat avait alors fini second, bien derrière le candidat PS, mais devançant la candidate FN de quelques points. Le scénario des dernières élections fut tout autre. Favori d’après les sondages, Charles Demouge subit alors une déculottée et ne se voit pas dépasser le premier tour. A la grande surprise de tous, le PS est encore en course (Merci le 11 janvier).

D’abord une grosse claque pour le candidat en question, ce fut surtout une claque magistrale à Nicolas Sarkozy, démontrant, une fois de plus, que son retour à la tête de l’UMP n’aura pas changé grand chose. Cette défaite a d’autant plus déstabilisé la maison UMP, que ses dirigeants ont longtemps tergiversé pour donner une directive à ses votants dans le Doubs. Finalement ce fut la politique du « Ni-Ni » qui fut adoptée , au grand dam des républicains. Cette politique appelant à ne voter ni pour le front républicain (avec le PS), ni pour le FN exprime parfaitement la confusion et l’indécision qui règnent à l’UMP. Quelle fut donc notre surprise, lorsque nous apprîmes que la moitié des électeurs UMP du premier tour se tourna vers le FN au second tour. Seul un quart des votants a bien suivi la directive donnée par ses dirigeants en s’abstenant ou en votant blanc (Comme c’est étonnant…). Finalement le candidat PS Frédéric Barbier s’en tire bien au second tour avec 15 504 voix contre 14 641 pour la candidate frontiste. Cette déconvenue du premier parti d’opposition est d’autant plus importante, qu’elle s’est additionnée à un fiasco politique intrinsèque, et mon petit doigt me dit que Nicolas Sarkozy n’y est pas étranger.

Nicolasoutai

« Hier, j’ai fait une conférence devant l’association des X de Paris – ils étaient 150 – et le président de l’association a terminé la conférence en me remerciant d’être venu… gratuitement » Alain Juppé (cf. Dailymotion, propos receuillis par 20 minutes). Si notre bien aimé maire semble s’initier aux arts de la punchline, cette déclaration résume surtout le goût prononcé, dirons-nous sobrement, de l’ancien président de la République pour l’argent. Cette attaque d’Alain Juppé n’est pas si innocente qu’on pourrait le penser. Cela fait déjà un moment que les deux ténors de l’UMP se tirent gentiment la bourre. Souvenez-vous des huées qu’Alain Juppé avait reçu par les militants de Nicolas Sarkozy en novembre dernier. Ce dernier avait alors déclaré (avec une honnêteté toujours intacte) ne rien avoir entendu, et n’avait donc rien fait pour faire taire ces sifflets. De plus, si Nicolas Sarkozy a visiblement raté son retour pour les trois quarts des français, Alain Juppé au contraire est en nette hausse dans les sondages, puisque selon plusieurs enquêtes, il serait la personnalité politique la plus en vogue chez les français, bien loin devant Nicolas Sarkozy.

Lors des débats concernant la politique à suivre suite à la défaite dans le Doubs, Alain Juppé a rejoint la position de Nathalie Kosciusko-Morizet. Il s’est clairement prononcé pour un vote PS, dénonçant par la même occasion sur son blog, la politique du « Ni-Ni » prônée par Nicolas Sarkozy : « Si j’étais électeur de la 4e circonscription du Doubs, je sais ce qu’en mon âme et conscience je ferais: pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, en l’évidente inégalité des races, je ne m’abstiendrais pas, je voterais pour le candidat qui l’affronte, c’est-à-dire le candidat PS ». Au vu de la tension perceptible entre les deux personnalités politiques, on ne peut qu’attendre avec impatience de voir qui mettra l’autre au tapis lors des primaires pour l’élection présidentielle de 2017 .

Si ce n’est plus un secret pour personne suite à son mandat teinté de bling-bling et d’as-tu vu ma femme, le contexte est un petit peu plus complexe. En effet, suite à ses déboires dans le Doubs et en plein débat sur la politique à mener en ce qui concerne ces élections, le journal « Marianne » affirme que Nicolas Sarkozy est parvenu à trouver le temps de s’envoler vers Abu Dhabi pour exercer ses talents d’économiste hors-pair (Travailler plus, pour gagner plus!). Peut-être a-t-il oublié qu’il était à la tête d’un certain parti politique, et que d’exercer son leadership à plusieurs milliers de kilomètres d’ici serait, somme toute, assez incongru. Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’il effectue ce genre de conférences à l’étranger, à noter sa conférence au Qatar, en décembre dernier lorsqu’il avait été invité par la Qatar National Bank. De plus, il n’est pas rare de voir le président s’asseoir aux côtés de Nasser Al-Khelaïfi au Parc des Princes (Bien entendu, l’enjeu sportif est prédominant…). Cette proximité avec les pays du Golfe persique et leurs dirigeants dérange. D’abord au FN qui dénonce le Qatar comme un financeur de l’islamisme intégriste mais aussi au sein de l’UMP, où Bruno Lemaire dénonce ses relations. Arrivé à la tête de l’UMP tel le messie, Nicolas Sarkozy est encore loin de faire l’unanimité et ferait même presque office de boulet, suite à ses affaires et ses polémiques à répétition.

Chronique politique de Romain Ethuin

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