Fallout (4) : On ne t’oublie pas !

Voilà déjà sept ans, sept longues années que l’une des plus grosses communautés de joueurs attend le (digne ?) successeur de la franchise. Certes, la pilule fut nettement moins difficile à ingérer grâce au somptueux titre d’Obsidian Entertainement sorti fin 2010, mais enfin tout de même ! Même s’ il est vrai que Fallout 3 n’a pas fait l’unanimité auprès des puristes du Wasteland, nul ne peut cacher son intérêt pour le très très (très !) attendu Fallout 4 (Et si tu ne connais pas, on est là pour te redonner goût à la vie !). Alors allonge-toi confortablement dans ton canapé (ou sur ta commode) et délecte-toi de ce modeste retour sur l’une des franchises phares du jeu vidéo.

La naissance du mythe (1997-1998)

War, war never changes, cette maxime devenue cultissime, tire ses origines du tout premier opus. Nous sommes en 1997, le 30 septembre pour être exact, c’est ce jour là que notre aventure commence: Edité par Interplay Entertainment, et développé par les studios Black Isle studios, le célèbre jeu de rôle sort sur Mac et PC. Le scénario fictif de Fallout débute au 21ème siècle. 

Suite à une crise énergétique sans précédent, les tensions entre pays devinrent de plus en plus âpres. Tandis que le Commonwealth européen (UE) rentrait en guerre avec les pays du Moyen-Orient, la Chine et les Etats-Unis débutèrent une guerre, atteignant son paroxysme le 23 octobre 2077. Après un court échange de missiles nucléaires, 2 heures suffirent à anéantir la civilisation humaine (Prémonition ?). Cependant cette catastrophe ne détruisit pas toute forme de vie humaine. En effet, plusieurs personnes réussirent à se cacher dans des abris de fortune (métro, égouts, grottes…). Mais surtout, plusieurs Abris fortifiés furent bâtis pour acceuillir des poches de survivants dans tout le pays. L’histoire commence en 2161, vous incarnez un habitant de l’Abri 13, auquel vous aurez le bon choix de lui choisir son sexe, ses compétences ainsi que ses attributs (Force, perception, charisme…). La puce dotant de l’eau potable à l’Abri ayant cessé de fonctionner, vous êtes alors contraint d’affronter un monde irradié, atomisé où la faune devint particulièrement hostile suite aux radiations nucléaires. Le système de combat au tour par tour se révélait alors très efficace et venait gommer des graphismes en 2D isométrique, que l’on qualifiera gentiment de très moyens (même pour l’époque). Le jeu étant particulièrement fourni, le joueur est amené à découvrir des environnements variés et immersifs, ainsi que les différentes races composant ce nouveau monde. Très fin dans son écriture, notamment dans ses dialogues qui sont de vraies réussites, il détient aussi de nombreux clins d’œil (easter eggs) s’inscrivant dans un humour noir d’anthologie par moments.

Le second volet suivit très vite, puisqu’il sortit seulement un an plus tard. Reprenant le même système de combat ainsi que les mêmes graphismes et le même système de dialogues, le scénario lui, subit une légère ellipse temporelle de 80 ans, succuleusement introduite. Propulsés en 2241, nous incarnons l’Elu, un ancêtre de l’Habitant d’Abri (cf. le héros de Fallout 1) à qui l’on confie la recherche d’un J.E.K. qui lui permettrait de sauver son village de la famine et de la soif. La bande son rétro du titre est encore une fois une très grande satisfaction et s’accouple idéalement à la noirceur des décors environnants. Tout en restant dans la même région d’Amérique (la côte ouest), nous découvrons de nouveaux lieux tout aussi intéressants à explorer. 

Nous découvrons surtout le nouveau méchant emblématique de la franchise qui n’est autre que l’Enclave (Les survivants fascistes et élitistes du gouvernement américain). En gardant toujours autant sa part d’humour, ainsi que son esprit particulièrement sombre, Fallout 2 vient confirmer le succès de la franchise, grâce à cet esprit rétro-futuriste unique. Il aura donc suffi de deux ans pour rendre la licence déjà culte.

La traversée du désert post-apocalyptique (1999-2008)

Après deux épisodes merveilleux à un an d’intervalle, la série prend un tout autre tournant. Black Isle Studios étant également le fondateur d’une autre grande franchise de jeux de rôle, les Baldur’s Gate, ils se concentrèrent sur cette dernière, puisqu’ils ne sortirent pas moins de quatre titres entre 1999 et 2001. Les studios Micro Forté, sous la coupole de l’éditeur14 degrees east (une division d’Interplay Entertainment) publient alors Fallout Tactics en 2001. Ce titre se déroulant à Chicago, il n’est pas une suite directe aux deux premiers titres de la série et fait office de spin off. Plutôt apprécié par les fans, malgré des incohérences scénaristiques, le titre revendique un aspect plus tactique (vous l’aurez deviné) puisque l’on dirige alors une escouade entière de la Confrérie de l’Acier (des types plutôt badass !)

Si le scénario n’est pas particulièrement emballant, le système de jeu en revanche, apporte une certaine touche de fraîcheur. Fini le tour par tour tel qu’il était introduit dans les deux premiers titres, désormais le joueur peut choisir entre trois systèmes de combat différents. Il introduit également un tout nouveau mode multijoueur. On notera tout de même des graphismes un peu plus bankables et dignes du 21ème siècle (m’enfin ça ne casse pas trois pattes à un canard…).

Décembre 2003, la communauté Fallout est en émoi, abasourdie, hagarde. Bethesda Softworks, les développeurs de la série à succès de The Elder Scrolls, rachète les droits de la franchise Fallout. Tel un boomerang; après avoir perdu son bébé, la fin de Black Isle Studios est amorcée, puisqu’Interplay Entertainment licencie 95% des effectifs. Pour beaucoup, le bébé est mort avec son créateur, d’autant plus que le projet Van Buren (cf. Fallout 3) était sur le point d’être finalisé. Cette date est un moment charnière pour la franchise, elle amorce un tout autre projet, une toute autre histoire, un tout autre Fallout.

En 2004, Fallout Brotherhood of Steel sort sur consoles, une première pour la série. Nouvelle vue à la troisième personne, nouveaux graphismes en 3D, nouveau scénario, nouvel environnement, nouvelle bande son plus axée sur le métal, et surtout nouveau genre puisque le titre convertit la franchise au hack’n’slash et au beat them all, rien n’y fait, la mayonnaise ne prend pas. Une énorme déception pour les joueurs.

Un nouveau départ (2008-2010)

Quatre longues années se sont écoulées après le rachat de la franchise par Bethesda Softworks. L’attente est à la hauteur des ambitions du titre. Avec ce trailer, Fallout 3 a fait sensation lors de l’E3 2008. Humour noir, la fameuse entreprise Vault-Tec et son Fallout boy, la bande son rétro, cet esprit des années 1950, tout est là ! C’est un peu Noël pour les fans de la série, mais ce retour a surtout pour ambition de conquérir un nouveau public, puisque le titre sortit également sur les consoles next-gen de l’époque, en plus de la version PC.

Qui dit portage, dit nouveau mode de jeu. Au grand dam des puristes du RPG pur et du tour par tour (peu adapté aux consoles de jeu), les créateurs de Fallout 3 ont tenté d’effectuer un mode de jeu hybride, en intégrant notamment le mélange du FPS au RPG à la même sauce que The Elder Scrolls. Ce nouveau gameplay fera bondir de leurs chaises les plus anciens. Il nous permet donc d’alterner entre la vue à la première et à la troisième personne. Le jeu demeure un jeu de rôle avec un système de niveaux et de points de compétences à répartir sur les aptitudes et les compétences de notre choix (de ce point de vue là, il n’est pas si différent des deux premiers opus).

Bénéficiant de biens meilleurs graphismes, le jeu se veut plus immersif que jamais (notamment en vue subjective). On s’étonne donc de se faire surprendre par un écorcheur lors d’une randonnée ou bien encore de sursauter face à un troupeau de goules au sein de métros sordides et bien flippants. En effet, c’est une des nouveautés du jeu, ici le personnage peut traverser toute la carte à pied contrairement aux deux premiers où l’on ne pouvait assister aux voyages d’un point A à un point B. Pour autant les rencontres aléatoires n’ont pas totalement disparu, mais elles n’ont que peu d’intérêt puisque l’on peut les voir au loin sur notre boussole.

Le scénario quant à lui change du tout au tout, puisqu’il se déroule sur la côte est, dans un Washington D.C. particulièrement amoché. Nous incarnons cette fois-ci un habitant de l’Abri 101 qui suivra son père à l’extérieur afin d’obtenir des réponses sur son départ. L’aventure se déroule plus de 30 ans après Fallout 2, mais il n’y a aucune corrélation avec le scénario de ce dernier, si ce n’est l’étrange émission radio de l’Enclave.

La traversée des décombres de la ville se révèle à la fois bouleversante et effroyable, puisque les ruines de la ville sont devenues un véritable champ de bataille, où seuls le désespoir et la désolation s’expriment (Heureux hasard, la région se nomme les Terres désolées). Une fois encore les décors sont sublimes à certains endroits et plutôt variés dans l’ensemble.

Fallout 3 privilégie un aspect plus spectaculaire, plus axé sur l’action au détriment des dialogues et de la diplomatie quasi-inexistante. Cette affirmation reste cependant à nuancer, puisqu’en effet les quêtes secondaires reposent souvent sur une enquête auprès de PNJ, des quêtes pouvant amener à une pluralité de fins assez intéressantes voire jouissives (Holocauste nucléaire ou non, laisser rentrer les goules au sein de la Tenpenny Tower, entre autres…). Cependant on regrettera l’importance bénigne du système de karma, qui aurait pu être beaucoup mieux exploité (Ce dernier se réduisant à être pris en chasse par des mercenaires en cas d’excès de bonté ou bien d’excès de vice).

Les dialogues qui même s’ils se révèlent savoureux et typiques de l’esprit Fallout par moments, souffrent d’abord d’une VF parfois mal traduite et d’un humour à des années lumières des titres originels. Cependant sur le point de vue de la violence graphique, ce titre l’emporte haut la main, notamment avec le SVAV (Un système de visée permettant d’arrêter le temps et de viser des parties du corps de l’ennemi) nous délectant de cinématiques bien hardcore où les membres de l’ennemi explosent face à nos yeux ébahis et satisfaits. Autant dire qu’on ne peut plus s’en passer.

Si l’esprit glauque et sombre de la série persiste, c’est aussi parce que le background se révèle être assez étoffé. De nombreuses quêtes secondaires valent réellement le coup et peuvent se révéler passionnantes. Bref, autant dire qu’il n’a pas été élu meilleur jeu de l’année par pur hasard, d’autant plus qu’il a été unanimement salué par la presse et les joueurs (Peace les rageux).

En 2010, un petit studio Obsidian Entertainment nous pondait un petit Fallout New Vegas, grand cru de 2010. Or ce studio est composé d’anciens du Black Isle Studios (Eh oui !). Ainsi pour de nombreux fans, Fallout New Vegas est la suite légitime de Fallout 2. En effet, le scénario remet le cap sur la côte ouest des États-Unis. Il reprend quelques éléments notables du projet Van Buren, notamment l’apparition de la légion de Caesar, l’évocation de Joshua Graham ainsi que l’introduction du barrage Hoover.

La RNC (République de Nouvelle Californie) et la légion de Caesar (Un empire de 87 tribus conquises, ayant à sa tête un ancien disciple de l’apocalypse, devenu un mégalomane chauve et se prenant pour Jules César #WTF) se livrent une guerre sans merci pour le contrôle de la région et surtout du barrage Hoover, soit l’une des rares source d’énergie fonctionnant encore. Si le précédent volet se révélait être un peu trop manichéen dans son ensemble, le scénario ici l’est beaucoup moins.

Nous incarnons donc un courrier, ayant miraculeusement survécu d’une balle dans le crâne (Quelle introduction !), travaillant dans la région de New Vegas. Le milliardaire Mr House, une célébrité d’avant-guerre – et accessoirement l’un des plus grands génies de l’Humanité – prédit l’holocauste nucléaire avec plus de 20 ans d’avance par un calcul savant d’algorithmes mathématiques. Il put ainsi construire un système de défense performant pour la cité du vice, éradiquant certaines têtes nucléaires, même s’il ne put toutes les arrêter. Las Vegas fut donc partiellement préservée, ce qui n’est déjà pas si mal. Vous remarquerez qu’il est assez cocasse de constater que c’est la ville de tous les péchés qui survit à l’apocalypse (#Esprit Fallout, je te chérie).

Mr House, entouré de son armée de robots rouvrit donc les casinos non endommagés et plaça différentes tribus locales à leur tête, assurant donc prospérité et sécurité à son petit empire. Or la RNC, décrite comme une démocratie corrompue jusqu’à la moelle, où l’influence des lobbys se fait clairement ressentir (La continuité des USA quoi…), cherche à s’étendre et frappe à la porte de New Vegas. La légion de Caesar cultivant une philosophie plus ascète (Tout en cultivant des esclaves et en renvoyant les femmes au ménage et à la cuisine) veut raser New Vegas ainsi que le barrage énergétique, tandis que les deux autres tentent d’augmenter leur contrôle des lieux. Gros bonus pour les mégalomanes, le jeu vous offre la possibilité de vous battre pour vous même et de dominer la région de New Vegas.

Plusieurs factions composent les Terres dévastées. Ainsi dès lors que nous revêtons une armure de faction, nous sommes bien vus par la faction en question, mais par la même occasion, nous nous attirons les foudres de leurs ennemis. Cette nouveauté ingénieuse est suivie d’un mode hardcore où les facteurs de soif, de faim et de sommeil rentrent en jeu et peuvent nous pénaliser. De plus le système de crafting a été un peu plus étoffé, notamment avec l’apparition de munitions spéciales et d’améliorations d’arme. Le seul son de cloche qui résonne encore est toujours, c’est bien celui des graphismes, mais que voulez-vous…

Rien de nouveau sous le soleil… ou presque (2011-2015 ?)

Fallout 4, ces mots brûlent sur toutes les lèvres. Mais quand va-t-on enfin avoir des nouvelles de fallout 4 !? Il faut dire qu’avec le résultat de skyrim, on ne peut que baver devant le travail accompli… Ce qui stimule d’autant plus notre impatience. L’attente fut d’autant plus grande que la communauté entière retenait son souffle face à ce que l’on pensait être un trailer interactif pour Fallout 4 en 2013, le site [désormais fermé] the survivor 2299, n’était en réalité qu’un terribble hoax de la part d’un fan de la série. Pete Hines, vice-président de Bethesda Softworks déclarait souhaiter une annonce digne de ce nom pour Fallout 4. Toutes les spéculations les plus folles ont donc circulé, certains pensant même à une mini-série introduisant l’épisode, très certainement en cours de développement. D’après des informations relayées par Kotaku, le scénario se déroulerait à Boston au sein d’un institut du Commonwealth et introduirait donc les androïdes et le réseau du rail, brièvement introduits dans Fallout 3. Aucun signe, aucun trailer, aucune image ; n’importe quoi ferait l’affaire actuellement. Il est vrai que la communauté Fallout a l’habitude de patienter. Il faut dire que Bethesda Softworks est très opaque et parvient jusqu’ici à parfaitement garder le secret, pour notre plus grand malheur…

En attendant, la communauté de Fallout ne s’est pas tourné les pouces et continue à faire vivre la franchise. Nous noterons l’incroyable communauté de modders qui permettent de prolonger une expérience déjà conséquente et qui ont réussi par le biais de patchs hallucinants, à non seulement créer des quêtes gargantuesques, mais aussi à rendre le jeu plus beau graphiquement encore que les productions actuelles sur next-gen (Et rien que pour ça, vous devriez manger votre chapeau !). Pour les puristes de Fallout, la sortie de Wasteland 2, publiée en 2014 est une véritable aubaine, puisque le Fallout originel s’était fortement inspiré du premier Wasteland sorti en 1988.

La communauté Fallout étant particulièrement passionnée, c’est ainsi que l’excellente web série Fallout Nuka Break sortit en janvier 2011 ou encore que le très bon Fallout: Lanius (un fan film !) a vu le jour sur YouTube.

Et pour terminer cet hommage à cette très grande communauté, quoi de mieux que de terminer par une touche patriotique avec l’incroyable Fallout: Ashes of Phoenix. Une équipe de français a donc permis la réalisation d’un Fallout Online, de type PVP tout en intégrant de nombreuses quêtes et missions. Une belle preuve d’amour, d’autant plus qu’il s’agit d’un simple patch de Fallout 2 à télécharger gratuitement. Bon boulot les gars !

Romain Ethuin

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