Les Nouveaux Sauvages, une comédie dramatique délirante !

Les Nouveaux Sauvages, un film de Damian Szifron avec Ricardo Darin, Oscar Martinez et Leonardo Sbaraglia. En salle depuis le 14 janvier.

Étonnant et réjouissant, voilà sans conteste les deux meilleurs qualificatifs pour désigner à mon sens Les Nouveaux Sauvages. Véritable carton du box-office argentin, le film étonne premièrement par sa forme, six saynètes (oui ça s’écrit comme ça) qui n’ont pas grand-chose en commun si ce n’est le pétage de plomb dans ses formes les plus variées. Ce moment subtil et d’un côté jouissif où l’homme se retrouve poussé dans ses derniers retranchements. On peut se questionner sur la légitimité de cette réunion qui aurait pu émerger de six magnifiques courts-métrages mais après tout là n’est pas la question essentielle et je ne me vois pas remettre en cause un genre qui s’est déjà parfaitement illustré.
Autant vous le dire tout de suite, la satire sociale révélant le mal être de la société argentine n’est pour moi pas le sujet du film et je qualifierais de douteuse les comparaisons avec une œuvre comme A Touch of Sin sortie l’année dernière. Même si des aspects du film pourraient tenter de nous faire croire à ce postulat, cette vision des choses ne doit à mon sens n’être vue que comme sous-jacente. Ce qui nous est proposé est avant tout un divertissement, avec ses grossièretés et ses simplifications. Le spectateur se délecte alors avec plaisir de situations plus rocambolesques les unes que les autres qui sont outrageusement drôles chacune à leur manière. Une fois ce premier niveau de lecture effacé, il nous est alors possible d’envisager la dimension plus intellectuelle du film qui nous questionne peut-être plus sur l’homme dans sa société et sur nous-même. Mais il est à mon sens indispensable de garder cet ordonnancement de lecture sans quoi il nous serait impossible de profiter pleinement des Nouveaux Sauvages.
Le film nous présente ainsi une magnifique caricature de nos comportements et s’avère diablement bien écrit. Mais ce qui frappe encore plus c’est cette mise en scène si travaillée et cette image si belle qui contraste terriblement avec les événements qui nous sont donnés à voir. On jongle entre beau et sale, rire et consternation.
Chacun trouvera son mot à dire pour désigner sa meilleur partie mais le film ne tombe ,selon moi, pas dans le piège de scénettes inégales. Certes le rythme ralentit au milieu mais il ne faut pas y voir une perte de qualité, juste une temporalité différente. J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié une partie bien plus dramatique, qui prend à revers l’hilarité du film pour nous glisser une touche plus noire lorsque nous ne l’attendions pas.
En bref, j’ai pris du plaisir à regarder Les Nouveaux Sauvages. Que vous dire de plus ? Dans ce contexte encore pesant, ce film fait du bien. On peut aller le voir sans trop se poser de questions, juste pour prendre un bon bol d’air frais et accéder à un cinéma qui change du quotidien.


Maxime Laure

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