Rencontre avec Lionel Fantomes

Il y a quelques semaines, nous sommes allés à l’Heretic Club profiter d’une soirée organisée par Les Singes Batteurs. Cette association Rocheloise, qui promeut une techno de qualité, a pour l’occasion invité deux acteurs locaux très actifs à Bordeaux, Karim Malmö et Lionel Fantomes. Nous avons réussi à croiser ce dernier entre deux sets pour qu’il nous parle de son travail de promoteur, de la scène techno locale et de ses projets à venir.
Par Enzo Laurenti

Bonjour, peux tu présenter ?

Je suis Lionel Fantomes, j’ai commencé à travailler dans le milieu associatif pour produire des soirées quand j’avais 17 ans. Je suis arrivé à Bordeaux il y a 11 ans, et j’ai crée ma propre structure il y a 8 ans.

Tout d’abord je tiens un salon de coiffure place Fernand Lafargue, Le Local, un lieu qui se veut intimiste avec une belle programmation de musique électronique.

En second lieu, je suis promoteur club ; je suis passé dans pas mal de salles Bordelaises : l’IBoat, le 4sans (ndlr : se souviendra qui pourra), le Bootleg, le BT59 ou encore l’Heretic, où j’ai une résidence. J’ai voulu rester simple et authentique tout en restant dans l’underground, sans m’expatrier.

Dans un troisième temps, je fais du Djing avec mon acolyte Karim Malmö, on a pas mal de dates en ce moment.

En tant que promoteur, qui as-tu fait venir à Bordeaux ?

Entre autres, Acid Arab au Rocher de Palmer, Modeselektor en live pour citer les plus gros. Mais aussi Miguel Campbell, Zombie Disco Squad, Lulu Rouge (des Danois qui ont produit l’album de Trentemøller, ce genre de sons c’est vraiment notre style), Congorock, Bobmo très récemment… On a essayé de toucher à tout, de la techno Nordique à l’électro Parisienne. On a fait un peu de hip-hop aussi avec Jerreau, ou des young guns comme Bambounou.


Quels sont vos projets à venir ?

On fait une grosse exclu à l’Heretic jusqu’à 7h du mat le samedi 10 janvier avec le label Versatile, qui est vraiment une référence de l’underground, vraiment pas médiatisé. Ça risque de se remplir très vite, parce qu’on a le boss du label qui vient, Gilb’R. C’est une véritable encyclopédie, on a du faire jouer les contacts pour l’avoir !

On l’accompagne de Ark, qui est chez Versatile aussi. Ce sont deux chiens fous de 45 ans qui vont nous régaler avec un mix sur platines vinyles. Le warm-up sera assuré par le Bordelais Superlate, un des meilleurs à Bordeaux dans le genre. On en profitera aussi pour dévoiler notre formation avec Karim, qui se nomme BLÅCK BØW

Ce n’est pas trop dur de faire venir des artistes technos aussi pointus dans une ville plus dominée par la house ? Vous avez prévu d’ouvrir un club ?

C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de lieux : quelques institutions, comme l’Heretic (anciennement appelé Zoo Bizarre), qui a fait venir des gros noms quand ils étaient encore peu connus, comme Para One, Justice ou encore Puppetmastaz. Mais c’est justement ce milieu restreint (qui s’est très longtemps cantonné au rock) qui incite les gens à se bouger d’autant plus, il y a vraiment quelques promoteurs passionnés qui souhaitent faire vivre cette culture ! Mais c’est vrai qu’il y a des soirs où tu veux sortir et où tu risques de ne rien trouver (contrairement à des villes comme Berlin ou Paris où ça ne s’arrête pas). Je trouve quand même que ça va de mieux en mieux pour la techno !

Pas d’ouverture de boîte pour moi par contre, je désire rester fidèle à mon salon ! Par contre on va monter un label dans lequel on va s’autoproduire. Je pense avoir fait le tour du métier d’organisateur, ça a été un gros plaisir mais on veut essayer de passer à autre chose. On va continuer à jouer un peu partout, mais on souhaite vraiment se concentrer sur la production.

Au niveau du public, il y a beaucoup de gens qui se déplacent pour aller voir des artistes dans ce genre ?

Oui, mais il faut le travailler ! Quand tu veux aller dans le qualitatif un peu alternatif, les gens sont un peu sceptiques : le public Bordelais aime bien avoir des gros noms.

Du coup on a beaucoup travaillé pour éduquer, fédérer un public, mais ça tu ne peux y arriver qu’avec de l’expérience.

Tu peux nous parler de ce que vous voulez faire en terme de production ?

Ca fait un an qu’on mûrit le projet, donc on est vraiment impatient de rentrer en studio! On est ravi de pouvoir faire nous même le son que l’on veut faire découvrir à Bordeaux. On va essayer de mélanger différents courants : en restant dans une esthétique scandinave à la Trentemøller, on est aussi pas mal inspiré par ce que font des les gars de Versatile (ils ont un son analogique terrible), l’électro à la Parisienne… J’ai aussi pas mal écouté de deep house à un moment, mais c’est vrai qu’il faut faire pas mal de tri dans ce qui sort : il y a pas mal de jeunes qui travaillent avec un son hyper synthétique qui sonne vraiment pas très bien… Notre objectif en montant un label c’est aussi d’investir dans du matériel analogique qui sort un son plus rond, plus propre, qui n’a rien à voir avec que tu peux avoir avec un ordinateur.

On veut sortir une techno hypnotique avec un BPM assez bas, mais avec beaucoup de groove. On prépare un live très concentré (moins d’une heure), très cochon (rires) !


Merci beaucoup, on vous souhaite bon courage pour la suite, et on va suivre ça de très près !

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