Exposition : Les classes moyennes en Afrique

Les classes moyennes en Afrique

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« Petite prospérité, les classes moyennes en Afrique » est un projet imaginé et mené par le photographe Joan Bardeletti, projet que nous avons la chance d’accueillir au Musée d’Aquitaine de Bordeaux.

Cette exposition bilingue est le fruit d’un travail mêlant très justement photographie et sociologie. Basé sur l’identité des classes moyennes en Afrique, sur leur vie quotidienne, leur espoirs et leurs peurs, ce travail, source d’informations et véritable aventure humaine, mérite une attention toute particulière.

Du type de vêtements portés au modèle de la voiture conduite, en passant par la fréquentation de certains lieux, nous touchons du doigt (mais surtout des yeux) le mode de vie de ces « nouveaux riches », qui ne représentent pas une communauté homogène, malgré la présence de marqueurs sociaux récurrents. Nous sommes transportés d’un pays à l’autre, du Maghreb à l’Afrique noire, grâce à des installations diverses et variées qui rendent ce voyage plus vrai que nature. A commencer par la présentation du pagne, revisité par les Africains de la classe émergente qui souhaitent se démarquer en modernisant l’habit traditionnel. Puis se suivent tout au long de ce voyage des photos d’une grande qualité, présentant des situations propres à chaque individu rencontré par le photographe, toutes accompagnées d’un descriptif auquel s’ajoute une petite note sociologique de la part de l’auteur. Des documents détaillant certains points abordés dans l’exposition sont en libre service (un aperçu général du pagne en Afrique, l’importance du style de vie dans la définition des classes moyennes, la place de Johannesburg dans l’émergence de l’Afrique…), un support qui vient s’ajouter aux photographies, tout comme ces grandes bandes murales explicatives intitulées « Qui sommes-nous ? », « Comment vivons-nous ? », etc. L’espace n’en est pas pour autant surchargé, bien au contraire, la clarté qui en ressort est rendue possible par la simplicité du décor qui fait ressortir les couleurs des photos et des autres documents accrochés aux murs. La multiplicité des supports d’informations est d’une part ce qui donne à l’exposition sa richesse et est d’autre part une nécessité à la compréhension de ce phénomène complexe que représente l’Afrique émergente, que les photographies seules n’auraient pu éclairer aussi finement. Ainsi, on découvre également les documents papiers qui ont servi aux chercheurs en Afrique du Sud, en Ethiopie et en Ouganda. Tous ces mots, gribouillages, questionnaires et photos rassemblés sur un même mur participent à l’authenticité de l’exposition. Mais le cœur de ce travail reste les photographies de Joan Bardeletti et la vie qui en ressort, elles nous parlent, et nous racontent l’ambition, le courage, le dynamisme, l’envie de faire plus et d’être plus, tous les ingrédients d’une Afrique émergente, d’une autre Afrique, celle de l’espoir.

La fin de l’exposition est dédiée à Johannesburg, la capitale économique de l’Afrique du Sud. Différents clichés sont disposés sur un plan de la ville peint au mur, cet agencement nous guide de famille en famille, de lieux publics en lieux privés, et nous font suivre le parcours des chercheurs à travers la ville. Certaines des personnes photographiées posent, d’autre non, dans tous les cas, chaque cliché est évocateur.

Ce voyage s’achève par la projection du documentaire réalisé par Simon Wood, intitulé « Forerunners, South Africa’s new black middle class ». Nous y découvrons les portraits et témoignages de plusieurs Africains du Sud appartenant à ce qui s’est défini comme la classe moyenne. Ainsi sont illustrés leurs doutes, leurs rêves, leurs convictions, mais aussi leur attachement aux traditions. Il ne s’agit pas de rompre avec l’ancien au profit du neuf mais de construire avec les deux. Tous ces témoins n’ont pas la même qualité de vie ni même une vision similaire de leur « ascension », car les disparités économiques et sociales sont belles et biens présentes au sein même de cette classe. Cependant des thèmes reviennent fréquemment : l’éducation, le travail, l’argent. De ce très beau reportage ressort la « petite richesse » de ces individus qui portent sur leurs épaules l’avenir de leur famille et plus largement l’avenir d’une Afrique nouvelle.

Cette exposition est ouverte à tous les curieux, l’entrée coûte quatre euros et seulement deux euros en tarif réduit. Pas de panique, si le temps vous manque en ces périodes de préparations festives et de révisions de partiels pour certains, vous avez jusqu’au 22 février 2015 pour aller découvrir ce travail remarquable par son authenticité et sa clarté.

Pour mieux comprendre le projet dans son fond et dans sa forme, voici en complément le site qui retrace de A à Z la démarche de Joan Bardeletti et de ses partenaires : http://www.classesmoyennes-afrique.org/fr/.

Enfin pour les intéressés, l’adresse du site qui regroupe les différentes œuvres du photographe : http://joanbardeletti.com.

Sophie Chevallereau.

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