ATELIER : Kishka et Urbs, deux caricaturistes aux Tribunes de la Presse

Les dessinateurs de presse ont-ils inventé une langue européenne ? La question a été posée lors de l’atelier, mais c’est surtout une dose d’humour, beaucoup de provocation et une pointe d’audace que les dessinateurs Rodolphe Urbs et Michel Kischka possèdent.

Kishka et Urbs

Les deux sont caricaturistes, des Fantassins de la Démocratie, comme le titre du film de Stéphanie Valloatto projeté aux Tribunes. L’un est bordelais, l’autre israélien, armés d’un simple crayon c’est presque tous les jours qu’ils doivent analyser, décortiquer et traduire l’actualité en un dessin, parfois virulent, cherchant le buzz, qui dénonce mais surtout qui fait rire.

Kishka vit à Jérusalem, chez lui la liberté de la presse n’est pas la même qu’en France, peu importe, dessiner c’est lutter. Benjamin Netanyahou, la Bande de Gaza, mais aussi la politique d’Hollande, tous les sujets inspirent Kishka. Jeux de mots et calembours sont sa spécialité, montrer la violence, il déteste. «  Je traduis l’info du jour avec humour, le message peut passer sans dessiner du sang  ni être cynique,». Et pourtant, sur les réseaux sociaux, il reçoit des insultes et menaces «  les gens ou les politiques ne comprennent pas notre travail, ni les enjeux des dessins ». Il a parlé de son ami Ali Ferzat, dessinateur syrien, torturé par le régime de Bachar Al Assad. Pour Kishka, « La paix passe par le dessin, on s’oppose à la censure ».

Pour Urbs, franco-écossais, c’est le même combat. Bercé par une culture punk, nourri au journal bête et méchant Hara Kiri, il commence à dessiner presque par hasard. A Bordeaux, il se fait remarquer par le journal Sud-Ouest. Il se fait vite engager parce que «  les politiques n’arrêtaient pas d’appeler la rédac pour gueuler ». L’impertinence c’est son way of life. D’ailleurs, son dessin du jour revenait sur l’affaire Sagnol et ses propos racistes, il fait parler l’entraineur et écrit « J’ai juste reproché aux footballers africains de ne pas avoir l’intelligence de Franck Ribery ». Etre dessinateur, c’est être à l’affût de tout et trouver la bonne phrase, le bon coup de crayon «  Les caricaturistes, on a un côté trisomique, on s’invente parfois des histoires, je suis un gros angoissé, j’ai besoin de dessiner, partout, tout le temps. »

Une chose est sûre, les deux sont d’accord, le dessin de presse est une arme indispensable à l’obscurantisme. Si certains ne sont pas persuadés par la force du dessin, les procès suite aux caricatures de Mahomet et l’incendie des locaux de Charlie Hebdo ont montré un réel danger et une menace de cette liberté d’expression chère aux dessinateurs. Alors à la question y a-t-il aujourd’hui des codes et des signes communs entre les caricaturistes européens ? La réponse est claire, la colombe et son rameau d’olivier pourraient en être un.

Kishka
Kishka

Gabriel De Bortoli

Pour lire les autres articles des tribunes de la presse :

Projection d’ouverture « Les Gens du Monde » Gabriel de Bortoli

Débat « Le Canard Enchaîné, 100 ans d’impertinence » – Julie Simons

Conférence « Le futur traité de libre-échange avec les Etats-Unis, un réel plus pour l’Union Européenne ?«  – Léa Léostic et Derwell Queffelec

Conférence « Aux confins de l’Europe«  avec Paolo Rumiz – Gabriel de Bortoli

Débat « Pourquoi la presse est-elle inaudible quand elle parle d’Europe ?«  – Margaux Lacroux

Débat « Politique : quand la droite chrétienne descend dans la rue«  – Sarah Duhieu.

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