Le Métal extrême, c’est pas pour les Lambdas !

Vendredi 7 novembre, en association avec Rock et Chansons, Go Music France présentait les groupes Withdrawn et Demented pour la sorti de leur nouveau split, accompagné du groupe marseillais spécialement venu pour l’occasion, Brutal Rebirth. Pour parler de leur nouveau split, le Ninfo a rencontré cette bande de chevelus.

N’info :Qu’est ce que vous définiriez par « métal extrême »?

N : C’est un genre qui n’est pas forcément ouvert à tout le monde on va dire. Du moins, au premier abord. Un mec lambda si tu lui fais écouter ça, je pense qu’il en chie un peu à la première écoute. Si il voit Julien à la batterie, il va dire « C’est quoi cette merde ? »
S : Pour moi le métal extrême c’est de la disto, du blazzbite, et faut que ça gueule dans le micro.
N : La vraie différence entre le métal extrême et tout le reste, c’est l’écoutabilité du chant. Quand ça gueule, la personne lambda va avoir un blocage et il va couper.

N’info :Pourquoi le métal a-t-il tendance a être de plus en plus violent ? Est-ce le public qui teste ses limites ou les artistes ?

N : Pour moi, je dirais plutôt que ça va plus vite, même si la tendance est en train de s’inverser. Je ne sais pas si c’est les groupes ou le public, je dirais plutôt que c’est commun. Les groupes qui veulent aller plus vite, y’a des gens qui aiment que ce soit encore plus violent…Tous les goûts sont dans la nature.

J : De toutes façons à un moment donné tu as la limite du corps. Tu as eu toute la vague de brutal death dans les années 90, mais tu as vraiment une limite. Certains groupes c’est simple, à la batterie tu ne pourras pas faire deux fois plus violent. Après je ne pense pas qu’il y ait des styles plus violent qui émerge. Tout a déjà été fait.
N : Après si tu veux faire encore plus violent tu passes à l’électronique (rire). Mais bon c’est plus le même genre. Mais franchement je ne pense pas que ce soit de plus en plus violent, on a atteint la limite, c’est en train de redescendre.
S : C’est une histoire de goûts, comme le disait John, une fois que tu as atteint la limite physique à la batterie, avec les nouvelles technologies, comme depuis 2000 ça n’a pas arrêté d’augmenter. Tu compresses et tu fais des mixes qui t’en mettent plein la gueule puisque le cerveau humain aime bien ça. Ici c’est la brutalité dans le son qui importe. Bien sûr, à la fin tu trouveras quelque chose de plus brutal au niveau du son. Mais ce ne sera pas le cas au niveau des compos. Tu seras obligé de perdre du son pour la batterie parce que tu devras faire quelque chose de « plastique » pour arriver discerner le rythme, tu vois ce que je veux dire ?
M : Oh là les gars on est perdu, enfin moi je suis perdu !

N’info :Que pensez vous de la scène française métal actuelle ?

S : Moi je suis bien placé pour parler, puisque j’ai joué un peu dans tous les groupes à Bordeaux (rire) et j’ai découvert le death métal sur des groupes bordelais comme avec Ad Patres, avec lesquels j’ai joué plus tard. Et je pense qu’on a une bonne scène avec en haut de tous, Gorod, qui est le groupe métal bordelais le plus exporté selon moi et qui porte bien la chandelle. C’est un de mes groupe préféré. Personnellement, j’aime tout autant les différents groupes de Death à Bordeaux. J’aime bien le style brutal efficace voire simpliste de Ad Patres par exemple.
M : Après à Bordeaux, y’a pas que du death. On trouve toutes sortes de style. À une époque je sais qu’il y avait Jenx qui était hyper efficace. Tu as des groupes qui sont quand même assez énormes. Il y a aussi une scène black métal, avec Seth etc. C’est vrai que c’est assez fourni.
N : Je ne pense pas que le métal français ait une caractéristique différente du métal des autres pays. Après c’est mon avis, certains te diront le contraire.
S : Moi dans le black métal je trouve que si, il y a vraiment une sonorité propre au black métal français. Il a vraiment un côté avant gardiste dans les sonorités, c’est différent des nordiques ou des allemands. Tout ça c’est une question de culture, de médiatisation.
M : Il a raison avec internet tout est très homoginéisé, toutes les influences sont mélangées. Tout le monde écoute tout, et c’est vrai que tu n’auras pas de touche propre à un pays. Sauf bien sûr Melechesh qui vient de l’Orient, eux ils ont vraiment un style à part. Mais pour moi en France il n’y a pas de patte. Le gros qui a percé c’est Gojira, c’est le plus gros groupe de métal français aujourd’hui et qui est assez représentatif. Ce qu’ils font c’est pas que du death métal, personnel, on reconnaît directement que c’est du Gojira. C’est cool qu’on ait un groupe en France qui a un style qui lui est propre.

N’info :Avec quels groupes avez vous préféré partager l’affiche ?

M : Necrophagist, tous ces groupes, c’est les potes quoi (rire) ! Nous avec Demented on a eu vraiment un bon lien d’amitié avec Livarkahil, avec qui on fait deux tournées. C’est vraiment devenu des potes alors qu’on ne se connaissait pratiquement pas.
S : Après forcément c’est pour le nom, comme quand tu joues avec des gros groupes comme Trepalium. Mais bon, même les plus gros, quand tu te retrouves à l’affiche avec eux, tu ne leur parles pas longtemps ou des fois tu ne fais que les croiser, leur serrer la main. Mais bon, c’est déjà cool de pouvoir jouer avec des groupes qui ont une renommée internationale.

N’info :Vous venez de sortir un EP dit Split (ndlr : petit album rassemblant les chansons de plusieurs groupes) ensemble, qu’est ce que c’est exactement ?

J : En fait on partage le contenu du split, donc là on a décidé de mettre ça en place. On a fait trois titres chacun. Ce sont des compos qui ont été faites exprès pour ce split.
S : En gros tu fais moitié moitié avec un groupe, ça permet entre autre de faire des dates ensembles avec un même support à vendre. Bien sûr, il faut trouver le même style dans la musique mais là ce qui était intéressant dans le cas de Demented, c’est qu’il y a un revirement dans le style qui correspond aussi à mon arrivée dans le groupe. Mais je tiens quand même à dire qu’au niveau du groupe tout le monde participe à l’arrangement. Il y’a une décision commune d’aller vers de nouvelles sonorités. Donc un split c’est parfait pour faire ça parce que ça permet de tenter et d’expérimenter tout ce que tu ne vas pas faire sur tout un album car ce serait beaucoup plus risqué.

N’info :Pourquoi avec choisi de le faire ensemble ?

J : Parce qu’on a déjà joué ensemble, qu’on est de Bordeaux, et puis on se connaît. J’étais dans Otargos et quand j’ai quitté le groupe c’est John qui m’a remplacé, c’est pas plus compliqué. On a balancé l’idée, ça a plu à tout le monde, au label, on a eu l’accord et donc on a écrit nos morceaux. Par contre on a fait quelque chose d’assez particulier. En général sur un split y’a beaucoup de groupes qui s’envoient les morceaux mutuellement pour se montrer où ils en sont, alors que là chacun a écrit ses morceaux de son côté. On ne savait pas du tout à quoi ça allait ressembler. Ça a été la surprise jusqu’au bout.
Après par rapport au public un split c’est plutôt destiné à le faire un peu patienter avant un futur album, ce qui permet de donner de l’actualité aux deux groupes, de montrer qu’ils ont évolué stylistiquement parlant. Voilà on peut sortir un album, un split, y’a plein de format possible, y’en a bien qui sorte juste un single.

N’info : Avez vous un album en préparation ?

S : Ouais, le but du jeu c’est de continuer à composer dès que possible. Mais moi je pense que vu le nouveau line-up de Demented, on va expérimenter de nouvelles choses. On va mettre au moins plus d’un an avant d’avoir un album. Sauf si on est super chaud mais je pense que ça sera assez long et plutôt dans la continuité du split. Les retours sur les morceaux live et les chroniques qui vont arriver vont nous permettre de voir comment les gens prennent le « virement » du groupe.

Vidéos des groupes :

Demented : http://youtu.be/CLVK0ZkzyXg

Withdrawn : http://youtu.be/M28A9y6Lh5M

Propos recueilli à l’Antirouille, Talence

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