Grosskreutz, l’exception allemande

Depuis plusieurs années, l’Allemagne est devenue l’une des sélections les plus sympathiques de la planète, aux antipodes de ce qu’elle était encore à la fin du siècle dernier. Mais alors que la Coupe du Monde approche, un survivant entretient le mythe et les préjugés de l’ancienne Allemagne, celle qui donnait pour gagner en se foutant des conséquences : Kévin Grosskreutz.

 

Le 5 mai dernier, Kevin Grosskreutz se balade tranquillement dans la rue lorsqu’il se fait prendre à parti par un groupe de supporters du FC Cologne. Kevin est un fan inconditionnel du Borussia Dortmund. Depuis tout petit, il va dans le mur jaune, la fameuse Südtribune de Dortmund, tribune où près de 30 000 personnes s’amassent chaque weekend pour suivre leur équipe de cœur. Le petit Kevin en a donc vu d’autres et n’hésite pas à balancer son kébab en pleine poire d’un des fans adverses. En plus d’être impulsif, il a une autre petite particularité. En effet, Kevin est aussi un joueur de football professionnel qui a réussi à se faire sa place dans la sélection allemande pour le Brésil.

 

Au service du Borussia

 

Au sein d’une équipe aseptisée et dirigée depuis 2006 par le sympathique Joachim Löw, Kevin Grosskreutz détonne. Alors que la nouvelle génération allemande symbolisée par les Mario Götze, André Schürrle, Marco Reus ou Julian Draxler est louée pour son comportement irréprochable, Grosskreutz représente le contraire. Né le 19 juillet 1988 à Dortmund, il s’est rapidement intéressé au football et a vite intégré le centre de formation du Borussia Dortmund. Entre 2006 et 2009, il quittera son club de toujours le temps de trois saisons pour prendre son envol du côté du Rot-Weiss Ahlen dans les divisions inférieures. Lorsqu’il revient en 2009, il ne le sait pas encore mais il fait parti aux côtés de de Schmelzer, Bender ou Hummels des artisans principaux du renouveau du club sous les ordres de l’exubérant Jürgen Klopp.

 

Après une première saison peu folichonne, le milieu du Borussia va rapidement s’imposer et devenir un titulaire avant de reperdre sa place au profit d’une recrue, Ivan Perisic, pendant quelques mois. C’est à partir de là que tout va s’enchainer pour lui. S’il n’est pas considéré comme titulaire, il va devenir l’homme à tout faire de Klopp, dépannant dans l’axe du milieu quand Bender, Kehl et Gündogan sont absents en même temps, en défense centrale lorsque Hummels et Subotic sont aussi à l’infirmerie et même au poste de…gardien de but. Le 19 mai 2013, Weidenfeller s’était fait exclure face à Hoffenheim alors qu’il n’y avait plus de remplacements possibles. C’est donc Grosskreutz qui s’est dévoué pour le bien de l’équipe pendant une dizaine de minutes. A force de jouer les pompiers de service, il est devenu le véritable douzième homme et dispose d’un temps de jeu considérable. Cela lui a même été profitable puisque s’il a été pris par Löw pour le mondial, c’est en qualité de latéral droit après avoir remplacé avec succès Piszczek durant quasiment toute la saison.

Le symbole de l’Allemagne « old school »

 

On arrive donc à cet été et à cette sélection pour le Brésil. Sa place, il l’a gagné. Même s’il reste limité techniquement, c’est le genre de gars avec lequel on peut partir à la guerre sans avoir peur de se faire poignarder dans le dos. Ce que le coach lui dira de faire, il le fera pour le bien de l’équipe. Au Brésil, il ne sera pas titulaire mais si Löw a besoin d’un gars pour remotiver les troupes, il aura avec Grosskreutz un bon exemple. Ce genre d’attitudes sur le terrain, on ne la retrouve dans aucun autre joueur actuellement. Il faut remonter à l’époque des gueulards que pouvaient être Oliver Kahn ou Jens Lehmann durant la première partie des années 2000 pour retrouver trace de tels caractères.

 

En plus d’avoir ce côté irréfléchi sur le terrain qui en fait un joueur unique dans la Manschaft, il a aussi quelques frasques derrière lui qui le rendent encore plus atypique et digne représentant de ses prédécesseurs. En 2011 et 2012, pour les deux titres de champion d’Allemagne, il va fêter ça comme un vrai supporter. La première année, il lâchera un vomi et la seconde année, il annonce vouloir faire une tournée des bars sur une distance dépassant les 10 kilomètres et recensant 27 établissements… Il n’hésite pas non plus lorsqu’il n’est pas sur le terrain à venir retrouver ses vieux potes de la Südtribune dans les gradins pour chanter au milieu des siens et de la bière, en se foutant totalement de son image et en pensant seulement à faire ce qu’il aime. A l’ancienne et à la Grosskreutz.

 

Maxime C.

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