ENVOYE DEPUIS MON ITOUCH: Mon mec est un mythomane

Il parait que plus c’est gros plus ça passe, chez moi ça fonctionne davantage en : « Plus c’est gros, plus j’ai envie de te mettre une grosse baffe. »

Il avait déjà annulé des rendez-vous parce que :

– son ami de Limoges venait le voir,

– son super papa lui faisait la surprise en se déplaçant sur Bordeaux,

– sa sœur de Paris était venue à Bordeaux pour passer des entretiens. Il la logeait et nous ne pouvions donc pas dormir ensemble,

– il était resté trois heures chez son assureur,

– il devait emmener un ami myopathe en pleine crise à l’hôpital (copain qui bien sûr n’avait que MON copain pour le sauver).

 Qu’est-ce qu’il est gentil, beau et fort mon copain ! Une amie me contacta sur Facebook : « Tu n’es pas avec ton copain ? » « Non, il devait aider une jument à mettre bas, ensuite il a trouvé un bébé dans la rue, puis une mamie unijambiste lui a demandé de faire ses courses et ensuite, il a dû sauver des chatons dans un immeuble en feu… Et après, le président doit lui remettre une médaille d’honneur pour tous ses exploits.»

Entre toutes ses excuses fumeuses, il trouvait tout de même le temps de me piquer des crises de jalousie, sans aucun fondement avec des : « Je sais que tu m’as trompé, tu n’es pas une fille bien ! » ou « Alors comme ça tu as trouvé quelqu’un ? Je t’ai vu avec un mec ! » « Tu as l’air occupée ! Bonne bourre, amuse-toi bien ! » De plus, il m’avait rapidement sorti qu’en mai, il allait déménager à Nice ou à Paris pour un job de folie et qu’il souhaitait que je vienne avec lui…

Pourquoi il ne me larguait pas tout simplement ? « Bon écoute, je te donne les indications pour que je laisse tomber. Il suffit de me dire que tu me trouves moche, conne, inintéressante, que je suis un mauvais coup et que de toute manière tu es mal à l’aise avec moi. Et voilà ! Tu n’entendras plus jamais parler de moi ! » Sa réponse « Je n’ai pas 14 ans, si j’avais voulu te larguer, je l’aurais fait. Ce n’est pas du tout ce que je pense, arrête de dire des saloperies comme ça. Je tiens à toi.»

Résultat quelques jours plus tard, Les excuses se sont enchainées et sont devenues de plus en plus énormes. Je le confrontais à un face à face et il m’annonçait qu’il était très attaché à sa solitude, qu’il se rendait compte qu’être en couple demandait des compromis, des concessions. J’argumentais et il me lâcha excédé : « Non mais pas besoin de me convaincre là. De toute façon, il y a autre chose qui me tracasse. On m’a découvert en novembre une tumeur au cerveau.  C’est incurable, elle est trop grosse. Je ne pourrai pas vivre au-delà de 30 ans. » Et voilà quoi d’autre ? Une tumeur au cerveau servie sur un plateau ! Il est sérieux ? Moi anciennement dans le milieu médical, il osait s’aventurer sur ce terrain dangereux ? J’aurais dû être effondrée, pleurer, mais non, je le trouvais simplement pathétique. Après avoir rassemblé le Conseil des copines qui chacune avait son avis sur la question : « Non ça doit être vrai, c’est trop énorme ! Il n’oserait pas aller jusque là quand même ! Sinon c’est vraiment un tordu ! » ou « Mwahahaha » ou même « Plus c’est gros, plus ça passe ! Ce mec est un génie ». Génie en quoi sérieux ? Il ne voulait pas me larguer mais m’inventait une tumeur ? On va où comme ça ? « Tu sais les hommes adorent avoir une proie facile. C’est toujours très valorisant de savoir qu’une fille en pince pour toi, il te garde sous le coude tout en prenant ses distances. Plutôt malin, mais malheureusement je crois qu’il ne se rend pas compte qu’il est tombé sur plus malin que lui, avec toi ! » En effet, j’avais décidé de lâcher mes activités de psychopathe vengeresse depuis un moment, mais reprendre du service me titillait de plus en plus devant les pratiques malhonnêtes de ce personnage.

Dimanche, début d’après-midi, nous nous sommes vus. Tout se passait bien, à base de mixture à la : « Ma puce » « Tu es trop belle » « Je sais que je ne suis pas très respectueux en ce moment et que je ne suis pas le copain idéal. Il faut que je change, que je fasse un travail sur moi. » Un violon se déclenchait dans ma tête et Dalida me chantait : « Paroles, des paroles, des paroleees. » Il m’annonça que son père était sur Bordeaux et qu’il devait le rejoindre, à 18H, sur les quais. Tiens ! Il me l’avait déjà faite celle-là ! Il avait tout prévu : 17H15, le réveil sonnait et nous nous dépêchions comme des dingues pour partir rapidement. Il m’embrassa avec son sourire de frimeur et me serra contre lui. Il se dirigea vers sa voiture, je me dirigeai vers la mienne en trainant le pas. J’allais pour prendre la sortie de sa résidence, lorsque tout à coup une petite voix dans ma tête me poussa à attendre et à observer. Il restait à son volant, ne démarrait pas, puis ressortait de sa voiture pour remonter dans son immeuble. Pourquoi il ressortait de sa voiture ? Il était pressé, il devait voir son père, il devait partir ! Pourquoi il remontait ? J’attendais, je me disais qu’il avait certainement dû oublier quelque chose. Il ne descendit jamais. Au bout de trois quart d’heures, j’étais obligée de me rendre à l’évidence : il m’avait menti. Il n’y avait pas de papa sur Bordeaux, comme il n’y avait sûrement pas de sœur sur Bordeaux non plus, ou de copain myopathe, de projet professionnel sur Nice ou Paris, tout comme il n’existait certainement pas de tumeur au cerveau. A chaque fois qu’il descendait avec moi pour partir : chercher sa sœur à la gare ou aller chez son assureur, il s’asseyait dans sa voiture cinq minutes et revenait finalement dans son appartement. J’étais tombée sur un mythomane professionnel, un psychopathe, un fou, un dérangé, un type qui n’a aucune notion de principe, de valeur ou de morale. Ce n’était pas une tumeur qu’il cachait dans sa tête, c’était un vrai grain.

Installée chez une amie, je décidais de lui envoyer un message test. Si ça se trouvait, son père avait tout simplement annulé ? « Tu es toujours avec ton père, ça se passe bien ? » « Oui, puce» Je t’en foutrais de « puce », sale con. Je décidais de repasser devant son parking, sa voiture était toujours là, comme une confirmation qu’il m’avait prise pour une poire. J’avais envie de crever ses pneus, de graver avec ma clef sur la tôle  un « FUCK » mais finalement, je ne faisais rien qu’observer cette Volkswagen. M. Mytho n’avait pas bougé de chez lui et avait écrit ce scénario de toute pièce, afin de rester seul, alors que je lui avais de toute façon expliqué que je ne resterai pas. Quelques heures auparavant, il me lançait : « Ça aurait été cool de rester ensemble encore à faire la sieste ! C’est trop dur de te quitter, je n’ai pas envie » ou « J’ai une semaine de vacances bientôt, on va pouvoir passer du temps ensemble ! »

Dans ces moments-là, nous nous sentons vraiment très connes, trahies et pourtant une petite voix dans notre tête persistait à nous dire : « Méfiance ! », mais nous ne l’écoutons jamais assez. Dans le prochain article, retrouvez comment j’ai réussi à déjouer toute cette forteresse de mensonge.

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