Fiston, un film familial

Alex est un jeune homme sans ami, sans histoire, qui vit dans un rêve. Celui de séduire Sandra, la plus belle fille d’Aix-en-Provence. Mais les années passent, et il n’arrive toujours pas à lui adresser la parole. Désespéré de lui plaire un jour, il décide de s’adresser à la seule personne susceptible de l’aider, Antoine Chamoine, l’homme qui a réussi à séduire 20 ans auparavant la mère de Sandra.

« Fiston » contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, n’est pas l’histoire d’un fils et de son père. C’est avant tout une comédie familiale qui met en scène deux personnages que tout oppose, mais que le destin va réunir pour une quête. Ou plutôt une conquête. Celle de l’amour d’une jeune femme.

Alex, interprété par l’humoriste à succès Kev Adams, est le type même du jeune homme mal dans sa peau qui, à force de poursuivre une chimère, a totalement oublié de vivre. Pas très à l’aise avec les gens de son âge, surtout les filles, cet adolescent attardé, timide et solitaire, va devoir faire ses armes s’il veut un jour charmer Sandra.

Franck Dubosc lui, joue Antoine, le « maître » de séduction d’Alex. Ici, il incarne le modèle paternel qu’Alex n’a jamais eu. Contrairement aux rôles de loveurs incompris dans lesquels on a l’habitude de voir l’acteur, il représente dans ce film la maturité. Du moins c’est ce que l’on croit…

Si au début de ce film on sourit face aux efforts déployés par Alex pour adresser la parole à la fille de ses rêves, on finit vite par s’ennuyer face au côté répétitif de l’humour pas très subtile des comédiens.

Dans une comédie, il est rare que l’histoire en elle-même soit réellement recherchée, mais on a vu mieux. L’adolescent désespérément amoureux et mal dans sa peau ? Ça ne vous rappel rien ? Que faites vous d’Adam, interprété là aussi par Kev Adams, dans la série SODA ?

Quant à la mère célibataire qui fume des joints dans le dos de son enfant et qui tient devant l’homme qui lui plait un discours prônant le fait que fumer de la drogue est quelque chose de blâmable, rien d’original là dedans. On retrouve exactement la même situation dans le film « LOL » avec Sophie Marceau. S’il s’agit d’un clin d’œil, ce n’est pas vraiment visible car le scénario du film ne justifie aucunement ce choix. C’est d’ailleurs le gros défaut du film, les problèmes de scénarios.

Pour éviter tout spoilers, on peut se contenter de dire que derrière l’histoire principale on peut voir quelques petites anecdotes se dessiner, mais qu’aucune n’aboutit durant le reste du film. Résultat, on reste sur sa faim.

Dire que ce film est un navet total serait mentir. Il y a une recherche certaine dans la mise en scène de l’apprentissage amoureux en lui-même et des liens cachés relient les personnages principaux entre eux. C’est d’ailleurs ce qui donne tout son intérêt au film.

Le film est construit sur ces deux bases. Dans une première partie, on suit dans la bonne humeur l’entrainement intensif qu’Antoine va faire suivre à Alex pour le préparer à son premier rencart. Des séquences plus incongrues les unes que les autres, des conseils pas toujours très appropriés, face à la timidité d’Alex, on ne peut que sourire.

Dans la seconde partie du film, l’humour et la bonne humeur sont beaucoup moins présents. C’est comme si toute l’atmosphère du début du film avait disparu pour laisser place à une histoire plus sentimentale, ce qui casse complétement avec le côté comique. Le scénario en lui-même n’en reste pas moins touchant. Alex et Antoine tirent tous deux des leçons de cette expérience, ce qui fait la morale du film. Ils sortent tous les deux grandis de leurs « aventures », chacun s’extirpant enfin de la solitude dans laquelle il s’était enfermé durant toutes ces années.

Lors de la conférence de presse précédent l’avant première de la sortie du film, le réalisateur a confié que « Ce film montre la transmission entre les générations. Alex va prendre des claques mais il va obtenir des réponses. Je pense que l’adulte lui aussi apprend beaucoup du gosse, c’est ce qui nous permet d’ailleurs de ne pas être trop en décalage avec notre société ».

Pour moi, même si ce film a des défauts, il pourrait aider les timides à oser prendre les devants, et les jeunes à essayer d’apprendre un peu plus de leurs aînés avant de les traiter de « has been ».

Chelsea C.

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