La Belle et la Bête, aux origines de la malédiction

Fan de remakes de Contes de Fées à l’américaine, comme Le Chaperon Rouge  de Catherine Hardwicke ou encore Blanche-Neige et le Chasseur de Rupert Sanders, s’abstenir, ce film (français !!! ) n’est pas pour vous.

Écrit et réalisé par Christophe Gans, connu pour son film Le Pacte des Loups, cette nouvelle œuvre relève cette fois du fantastique. Sortie en salle depuis maintenant une semaine, c’était un pari risqué pour le réalisateur. Il est clair que rivaliser avec le chef d’œuvre, écrit il y a 68 ans par le mythique Jean Cocteau, relevait presque de l’impossible. Avec 540 255 entrées en 5 jours, le film ne démarre pas trop mal en fin de compte.
Le but du réalisateur était avant tout de revenir aux origines du conte. Pour lui, le défi était de faire une véritable adaptation du conte (version longue) écrit en 1740 par Madame de Villeneuve.
C’est avec une agréable surprise que l’on découvre la trame de cette nouvelle histoire. Elle nous emmène peu à peu au cœur des tragiques secrets de la, pas si terrifiante, Bête.
Interprétée ici par Vincent Cassel, contrairement à ce que pourrait dire les mauvaises langues, la Bête mise en scène dans ce film n’est pas uniquement constituée d’images de synthèses. Artiste aguerri, l’acteur interprète lui même les performances de son personnage.
Le masque du monstre, lui, ressemble à celui que portait son prédécesseur Jean Marais dans le film de 1946 mais aussi étrangement à celui du dessin animé. De même, son allure très féline s’approche à la fois du lion et de la créature crée par Disney. Le résultat n’en reste pas moins stupéfiant ! Contrairement à la version de Jean Cocteau, on nous montre dans cette histoire les origines de la malédiction qui accable le propriétaire du mystérieux château.
À la fois détestable et attachant,Vincent Cassel apparaît à l’écran sous les traits d’un prince arrogant dont l’ambition entraînera sa perte.
C’est aussi l’histoire de Belle, et de la déchéance dont est victime sa famille, et ce qui la conduira à « se jeter » dans les griffes de la Bête.
Léa Seydoux, quant à elle, nous donne une nouvelle vision de la « princesse ». Fini la jeune fille passive qui se laisse manipuler par ses sœurs, la Belle ne manque pas de caractère. Elle n’hésite pas à donner des leçons à ceux qui l’entourent, la Bête y compris. Curieuse de nature, c’est cette jolie demoiselle qui mènera son « enquête » et qui découvrira, de fil en aiguille, ce qui a fait de la Bête ce qu’elle est.
Très concernée par le sentiment filiale, Belle n’aspire qu’à une vie tranquille auprès des êtres qui lui sont chers, même ses insupportables mais hilarantes sœurs, interprétées par Audrey Lamy et Sara Giraudeau. On est bien loin de la petite brunette aux grands yeux présentée dans le dessin animé de Disney et du luxe féerique qui l’entoure. Mais il faut avouer que la chambre de Belle et les robes qu’arbore l’actrice ne manquent pas de goût.
Pour ceux qui auraient lu le livre et qui n’auraient jamais réussi à se faire une image précise du père, l’acteur André Dussollier résout enfin ce problème. Il incarne parfaitement l’image du bourgeois enrichi. On ne peut regarder ce film sans y voir le reflet d’une société entière au travers de ce personnage que l’on pourrait qualifier de « ridicule ». Il représente les marchands de cette époque qui se comportaient comme des nobles et ne se complaisaient que dans le luxe. Sujet à tous les excès, ce père ne sait que faire pour complaire ses enfants.
En opposition à son attitude en société, son affection pour sa progéniture en fait un personnage auquel on s’attache. Quel enfant n’a jamais rêvé d’un père qui serait prêt à tout pour le combler de bonheur ?
Un personnage inhabituel prend ici de l’ampleur dans l’intrigue du film. Qui est cette jeune femme qui semble hanter le château au travers de sa magie ? Un peu comme une fée ou un guide, c’est elle qui donnera les clés du mystère à Belle. Dans quel but ? Seuls ceux qui iront voir ce conte réadapté à l’écran pour la 9ème fois le sauront !
Cette œuvre cinématographique n’est pas une remake de celle de Jean Cocteau, mais bien une histoire à part entière. Elle possède sa propre mythologie, avec des créatures toutes plus surprenantes, voire attachantes pour certaines, les unes que les autres. Quant aux effets spéciaux, ils rivalisent avec les meilleurs films américains.
Des décors magiques à couper le souffle, des effets de lumières adaptés aux différentes ambiances de l’histoire, ce film reste réellement dans l’univers du conte de fées sans pour autant n’être réservé qu’aux enfants.

Chelsea C

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