Le jour où j’ai maté Pulp Fiction avec Quentin Tarantino

Du 14 au 20 octobre s’est tenu le cinquième Festival Lumière de Lyon, la ville qui a vu naître le cinéma. Créé par le réalisateur Bertrand Tavernier et par Thierry Frémaux, le monsieur qui choisit les films sélectionnés à Cannes, le festival décerne tous les ans un prix à une personnalité du septième art pour l’ensemble de sa filmographie. Cette année, après des géants comme Clint Eastwood ou Ken Loach, c’est Quentin Tarantino (prononcer Kwantine), le plus culte des cinéastes contemporains, qui a reçu cette récompense « pour l’ensemble de sa carrière, pour sa cinéphilie irradiante, pour les hommages rendus à l’intérieur même de ses films à toute la mythologie du septième art ».

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En fervente admiratrice, j’ai absolument tenu à m’y rendre. Hélas, les places pour la remise de prix (des mains de sa muse Uma Thurman, tout de même !) et la masterclass se sont vendues en quelques minutes.. trop tard. J’ai commencé à sombrer dans la dépression jusqu’à ce que quelques jours plus tard, je réussisse à me procurer des places pour la cérémonie de cloture du festival durant laquelle sera projeté un des films les plus célèbres de Tarantino : le grand, le génial, le prodigieux Pulp Fiction. Me voilà alors partie avec mon amie pour Lyon, la ville où les vitres des bus sont ornées d’énormes « HONTE AUX FRAUDES » et où on peut trouver des girafes, des zèbres ou encore un crocodile en plein milieu d’un parc.

Dimanche 20 octobre, 12h30, nous faisons la queue sous une pluie torrentielle devant la halle Tony Garnier qui ouvrira une heure plus tard. Quelques malheureux qui ne se laissent pas décourager cherchent des places à n’importe quel prix, en vain. Une fois les portes ouvertes, tout le monde se rue dans la salle qui accueillera en tout 4600 personnes. Une poignée d’acteurs français invités du festival font leur entrée sur le tapis rouge, parmi lesquels Gilbert Melki (La vérité si je mens), Léa Drucker (Narco), ou Frederic Pierrot (Polisse), poliment applaudis par le public. C’est ensuite au tour de Tim Roth et Harvey Keitel, respectivement Mister Orange et Mister White dans Reservoir Dogs, le premier film de Tarantino qui marqua le début de sa renommée. Puis « Kwantine » arrive enfin, tout sourire, faisant son V de la victoire sous les acclamations et les cris de la salle entière.

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Ils vont tous les trois s’asseoir parmi le public, à moins de 10 mètres de nous et nous visionnons ensuite un montage des extraits de films présentés lors du festival, parmi lesquels des hommages à Pierre Richard, Ingmar Bergman ou encore Jean-Paul Belmondo (Bon j’avoue, je n’y étais pas hyper méga attentive sachant que je n’avais qu’à tourner la tête pour voir Tarantino assis un rang derrière moi). Juste après, une superbe rétrospective des meilleures scènes de ses huit films est projetée durant une dizaine de minutes. On applaudit, on crie, on rit à chaque séquence. Kwantine avouera quelques minutes minutes plus tard être très ému par ce montage, mais d’abord c’est au tour de la centaine de bénévoles du festival de monter sur scène et d’être applaudie. Puis il se lève et va taper la bise à tous ces gens un par un, ravis de cet honneur. Tim Roth et Harvey Keitel (aussi connu pour avoir incarné le gentil flic de Thelma & Louise) le suivent et serrent des mains. Le public est en délire, tout le monde se lève sur sa chaise et Kwantine lâche un « Oh la la ! » comblé. Il remercie ensuite l’équipe et déclare encore une fois son amour au cinéma : « le cinéma est ma religion, la France mon Vatican ». On le sent touché et sincèrement heureux d’être ici, avec nous. Il raconte quelques anecdotes d’un air très humble et remercie encore le public en scandant un « I ADORE YOU ! » qui a fait fondre le cœur de la salle entière.

Kwantine demande ensuite à ceux qui ont déjà vu Pulp Fiction de lever la main. Bien entendu, la totalité du public en délire s’exécute fièrement. « Qui l’a déjà vu deux fois ? Trois fois ? Et qui est prêt à le voir une nouvelle fois maintenant ? » La salle hurle en cœur et Tarantino, après avoir joyeusement précisé que le film, à sa demande, ne sera pas diffusé en digital mais au format 35 mm (ce type de projection est devenu très rare), va s’asseoir en compagnie de l’équipe.

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Pulp Fiction commence donc, sous les rires énergiques de Kwantine. On applaudit à l’unisson à la première apparition de ce dernier, ainsi qu’à celles de Tim Roth et d’Harvey Keitel, tous deux également acteurs dans le film. La célèbre scène de la danse dans le restaurant a droit à une véritable ovation. Le format 35 mm donne encore plus d’authenticité et de cachet à ce film pourtant cultissime. Avec son réalisateur dans la même salle, on ne peut s’empêcher de l’imaginer derrière la caméra, réalisant ce film qui allait devenir Palme d’Or au festival de Cannes près de 20 ans plus tôt. On a l’impression de redécouvrir le film, l’atmosphère régnant dans la salle est si intense qu’on le voit différemment, c’est un sentiment vraiment particulier que nous partageons.

Ainsi s’acheva la cérémonie de clôture du festival Lumière 2013. Nous sortons, toujours hallucinés tandis que la bouffée d’adrénaline ressentie depuis quelques heures redescend tristement, laissant place à une étrange petite nostalgie qui m’a suivie pendant quelques jours. En tout cas, ce qui est sûr c’est que je me souviendrai encore très longtemps du jour où j’ai maté Pulp Fiction avec Quentin Tarantino.

(et désolée pour la qualité des photos, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a !)

Maëva H.

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